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Caméras sur les policiers : un projet pilote en cours au SPVM

Plus de trois ans après que le coroner Paul G. Dionne eut recommandé le port de caméras par les policiers, après la mort d'un Montréalais, Robert Hénault, à l'été 2013, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a lancé un projet pilote en ce sens.

Un texte de Karine Bastien

Ce projet ayant nécessité un investissement de plus de 1,5 million de dollars se poursuivra jusqu'en février prochain. Il sera suivi par une consultation publique sur la question.

Certains agents du Service de police de Montréal portent des caméras portatives depuis le mois de mai dernier. Les patrouilleurs du métro, ainsi que ceux responsables de la sécurité routière, ont été les premiers à les utiliser.

Les policiers portent aussi un petit écusson qui indique qu'une caméra peut être en fonction.

« Le but est de consolider le lien de confiance avec les citoyens. C'est ce qu'on veut évaluer. Il y a aussi à assurer la transparence des interventions policières », explique Patrick Lavallée, commandant à la division des projets spéciaux du SPVM.

D'ici la mi-octobre, 45 autres caméras seront fonctionnelles dans les postes des arrondissements du Plateau-Mont-Royal, de Lachine et de Montréal-Nord. Ces postes ont été choisis pour le projet pilote en raison du volume important d'appels et de la variété des interventions.

Lorsque les policiers vont interagir avec les citoyens, ils leur remettront une carte explicative.

« Cette carte est remise par les policiers quand ils font des interventions directes avec les citoyens, parce que la caméra va filmer l'interaction avec le citoyen, mais ça ne va pas nécessairement filmer l'infraction, par exemple en sécurité routière », précise le commandant Lavallée.

Les caméras ne sont pas en fonction 24 heures sur 24. Elles sont activées par les policiers dans deux types d'interventions :

  • Lors d'entretiens à des fins d'enquête, par exemple lorsque les policiers veulent appliquer une loi ou un règlement;
  • Lors de situations urgentes, où des vies sont en danger.

Des citoyens rencontrés près du poste de quartier de Lachine semblaient apprécier cette initiative.

Au Canada, les villes de Toronto, Calgary et Edmonton ont fait l'expérience des caméras portatives. Rémi Boivin, professeur adjoint à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, s'est beaucoup intéressé aux résultats de recherche des autres provinces canadiennes.

« Les promesses, c'est de changer le comportement des gens qui sont filmés, les citoyens, les policiers. Les promesses, c'est aussi d'améliorer la transparence, la relation avec le public », affirme M. Boivin, aussi directeur adjoint du Centre international de criminologie comparée.

Rémi Boivin et ses collègues vont évaluer le projet pilote, qui prendra fin en février. Il y aura par la suite une consultation publique sur la question.

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