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« Canadien - Rangers : une série dont je vais toujours me souvenir » - Martin St-Louis

Martin St-Louis n'en menait pas large la dernière fois que les Rangers de New York et le Canadien de Montréal ont croisé le fer en séries éliminatoires. Trois ans plus tard toutefois, il en conserve de précieux souvenirs.

Un texte d'Alexandre Gascon

Neuf jours avant le premier match de la finale de l’Association de l’Est en 2014, sa mère, France, était subitement décédée d’un infarctus le 8 mai. Les Rangers affrontaient alors les Penguins de Pittsburgh et le Québécois avait quitté l'équipe séance tenante pour Montréal.

N’empêche, l’ancien attaquant du Lightning avait retrouvé ses coéquipiers dès le lendemain pour participer à la remontée de son équipe, en arrière 1-3 dans la série, et vaincre les Penguins, en route pour un duel avec le club de son enfance.

« C’était des moments très difficiles », s’est souvenu St-Louis dimanche, trois jours avant le début du prochain chapitre éliminatoire Montréal - New York.

« C’est une série dont je vais toujours me souvenir, a-t-il enchaîné. Il y a eu aussi de très beaux moments. Quand j’ai compté en prolongation du match numéro 4. Passer à travers le Canadien et avoir une chance de gagner la coupe Stanley, c’était formidable. Surtout en raison de ce qu’on a traversé, pas juste moi, mais mes coéquipiers aussi. »

St-Louis était devenu la pierre angulaire de la formation menée par Alain Vigneault. Tous ses coéquipiers s’étaient rassemblés pour assister aux funérailles de sa mère à Montréal, entre le premier et le deuxième match de la finale de l’Est.

Les Rangers ont connu un printemps magique cette saison-là, éliminant le Tricolore, avant de s’incliner en cinq matchs devant les Kings de Los Angeles en finale de la Coupe Stanley.

Rencontré en marge d’un honneur que la ville de Laval lui a réservé, St-Louis a bien voulu partager ses souvenirs, mais pas ses prédictions.

« Je m’attends à une excellente série. Ce sont deux coachs très expérimentés, deux bons gardiens. Ça va être le fun. »

« J’ai assez d’expérience pour ne pas prédire et me mettre dans le trouble », a-t-il ajouté en riant.

L’aréna Martin-St-Louis

Le natif de Sainte-Dorothée a vu l’aréna Samson être rebaptisé à son nom, dimanche.

C’est sur cette petite patinoire de quartier que St-Louis a donné ses premiers coups de patin, à l’âge de cinq ans, qui le guideront éventuellement vers une fructueuse carrière dans la Ligue nationale (LNH).

« C’est ici que mon rêve a commencé. »

St-Louis a, entre autres honneurs, remporté deux trophées Art-Ross, un Hart et une coupe Stanley en 2004 avec le Lightning de Tampa Bay. Il totalise 1033 points en 1134 matchs dans la LNH.

Pas mal pour un joueur qui n’a jamais été repêché et que les Flames de Calgary n’ont pas cru bon de garder dans leurs rangs au terme de la saison 1999-2000.

« Le succès dans la vie, ce n’est pas juste mesuré par des buts et des passes », a clamé St-Louis avec conviction au centre de la glace de « son » aréna où deux équipes du hockey mineur lavallois et de nombreux dignitaires étaient venus l’écouter.

« Ma mère, mon père, ma sœur, ma femme et mes enfants, ce sont des personnes qui m’ont aidé à devenir la meilleure version de moi-même. »

Une vision du jeu achetée à coup de vingt-cinq sous

Jeune prodige, St-Louis n’a pas toujours été humble.

« (Quand je jouais avec le Delta de Laval), madame Sabourin était venue me voir pour me demander si mon père ou ma mère était là. Je l’ai pointé et elle m’avait dit j’aimerais que tu restes avec l’autre groupe après. Je suis parti patiner de l’autre bord de la glace pour lui dire « Papa, il faut que je reste parce que je suis trop bon », s’est rappelé le petit attaquant, l’œil malicieux.

« Mon père a travaillé sur mon humilité après ça. »

À coup de vingt-cinq sous chaque fois qu’il réussissait une passe sur le but d’un coéquipier, Normand St-Louis a encouragé son fils à distribuer la rondelle, à se montrer généreux.

« Il aimait ça que je fasse compter les joueurs qui ne marquaient pas beaucoup de buts, les moins bons dans l’équipe. C’était une bonne stratégie, il a fait de moi un bon fabricant de jeux et du point de vue humain, il m’a fait aider ceux qui n’avaient peut-être pas la même chance, le même talent que moi. »

Ç’a assez bien fonctionné.

Deux ans après sa retraite, c’est au tour de Martin St-Louis l’entraîneur d’inculquer ces valeurs à ses trois fils, tous joueurs de hockey.

« Je ne m’ennuie pas de la game en la regardant. Les séries, ce sont les plus beaux moments dans ma carrière, les plus beaux souvenirs. Quand avril arrive, j’ai toujours hâte que ça commence, je suis un fan de la game, et je vais toujours l’être », a-t-il conclu.

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