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Catherine Raîche, femme de football sans complexes

Si le football professionnel reste un monde dirigé par des hommes, Catherine Raîche n'a jamais douté qu'elle y ferait sa place en tant que femme. La Montréalaise de 27 ans, qui gravit les échelons dans les bureaux des Alouettes, a été promue cette semaine au rang de directrice générale adjointe aux opérations football.

Un texte de Guillaume Boucher

Quand on lui rappelle la singularité de son parcours, dans un milieu où les femmes sont sous-représentées dans les postes de direction, Catherine Raîche nous ramène à ses compétences.

« Je n’ai jamais senti que mon genre était une barrière ou un obstacle pour accéder aux hauts postes de gestion, explique-t-elle. Si on fait un bon travail, qu’on travaille fort, qu’on soit une femme ou un homme, ça ne change rien. »

Sa promotion a été bien reçue sur la planète football, signe évident d’une reconnaissance de ses compétences, selon elle.

« Des gens d’autres équipes canadiennes m’ont écrit pour me féliciter, raconte-t-elle. J’ai quelques contacts dans la NFL. Ils étaient enchantés. »

Catherine Raîche dit amener aux Alouettes « des idées différentes qui sortent du cadre typique du football ». Et encore là, elle évacue les questions de genre. Ses idées sont d’abord et avant tout celles d’une avocate.

Avoir un avocat à l’interne, même si on n’aime pas toujours les avocats, c’est toujours bon! […] Je viens d’un milieu très organisé, très structuré. J’amène cette façon de faire les choses et c’est très apprécié.

Catherine Raîche, directrice générale adjointe aux opérations football des Alouettes de Montréal

Contrats, plafond salarial, relations avec la Ligue, gestion des opérations au Stade olympique... Catherine Raîche mènera plusieurs dossiers de front dans ses nouvelles fonctions.

Le recrutement l’occupera aussi davantage que lorsqu’elle était coordonnatrice de l’administration football, son titre quand elle s’est jointe aux Alouettes en 2015. C’est peut-être dans cet aspect de son travail que les préjugés à l’endroit des femmes DG sont les plus persistants.

Tout ce qui touche le recrutement, le talent des joueurs, les gens vont être un peu plus réticents et dire : ''C’est une fille, elle n’a jamais joué au football.'' Mais il y a beaucoup de directeurs généraux qui n’ont jamais joué au football, ou qui y ont joué à un niveau qui n’est pas professionnel. C’est quelque chose qui n’est pas facile, mais qui s’apprend.

Catherine Raîche, directrice générale adjointe aux opérations football des Alouettes de Montréal

Une inspiration à Miami

Catherine Raîche a toujours voulu travailler dans le monde du sport. Elle a d’ailleurs entrepris ses études en droit dans le but d’y faire carrière, comme agente de joueurs ou dans un poste comme celui qu’elle occupe avec les Alouettes.

Elle a été inspirée dans son parcours par Dawn Aponte, ancienne vice-présidente directrice des Dolphins de Miami, qui a quitté la NFL après 25 ans en septembre dernier et qui, comme elle, a commencé « au bas de l’échelle, dans les opérations football ».

Il y a deux ans, avant que j’arrive avec les Alouettes, on disait qu’elle pourrait être la première femme directrice générale dans la NFL. […] C’est une histoire qui m’a vraiment touchée, parce que la NFL, c’est encore plus gros, c’est un monde majoritairement d’hommes. De voir une femme qui est allée aussi loin, je trouve ça très inspirant.

Catherine Raîche, directrice générale adjointe aux opérations football des Alouettes de Montréal

La NFL nous a donné d’autres histoires de pionnières ces dernières années, comme celle de Sarah Thomas, première arbitre à temps plein, et de Jennifer Welter, première entraîneuse. Catherine Raîche se réjouit de ce signe « d’ouverture d’esprit ».

« C’est bien de voir que les compétences et les qualifications pour un poste sont retenues, pas le genre », dit-elle.

Ses propres compétences, Catherine Raîche aura l’occasion de les mettre en valeur très rapidement. Les Alouettes entrent dans un moment crucial de leur intersaison, avec l’ouverture du marché des joueurs autonomes, le 14 février.

(Avec la collaboration de Jean-Patrick Balleux)

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