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Ce jeu où l'on contrôle une ville et ses citoyens

Le jeu Watch Dogs 2 nous transporte dans un San Francisco où le concept de ville intelligente est poussé à l’extrême. Le héros, Marcus Holloway, tente de prendre le contrôle du système qui gère la vie des citadins.

« Marcus peut se connecter à tout, explique Jonathan Morin, directeur créatif chez Ubisoft. Les voitures autour de lui, il peut en prendre le contrôle à distance, les faire avancer ou reculer. » Il peut aussi modifier le profil des individus, faire d’un honnête citoyen un dangereux criminel recherché aux yeux des autorités.

Bien sûr, pour mousser l’aventure, tout est poussé à l’extrême. Mais de tels actes de piratage n’ont rien de la science-fiction.

« Tous les hacks [actes de piratage] que l'on peut faire dans le jeu sont vrais, assure Thomas Geffroy, qui a supervisé le contenu de Watch Dogs 2. Nous travaillons avec des consultants qui nous aident et qui valident. Naturellement, on est dans un jeu, donc on ne rentre pas dans la technicalité du hack et ce n'est pas ce qui nous intéresse. Mais tous les hacks que l'on peut voir dans le jeu ont été démontrés. »

Branchés et vulnérables

De plus en plus d’objets de notre quotidien sont branchés en ligne. Or, Internet regorge de sites qui répertorient les objets connectés partout dans le monde.

« N'importe quoi qui est connecté à Internet peut être accédé, explique Jonathan Morin. Malheureusement, les gens aujourd'hui ne sont pas tous des maîtres en matière de sécurité. »

Une recherche assez simple permet, par exemple, d’accéder à des milliers de caméras de surveillance. Certaines sont tellement mal protégées qu’il est extrêmement facile d’en prendre le contrôle sans aucune connaissance en informatique.

« Ce genre d’outil ne permet pas de trouver tous les objets connectés, assure le professeur François Coallier de l’École de technologie supérieure. « Mais certains objets sont moins bien protégés que d'autres et moins bien installés », ajoute-t-il.

La sécurisation des objets connectés est un enjeu.

François Coallier, professeur à l'École de technologie supérieure

Le professeur François Coallier a beau être un spécialiste en matière d’informatique, il admet demeurer personnellement très prudent dans l’utilisation de certains objets connectés. « Personnellement, j'ai une caméra sur mon ordinateur et quand je ne m'en sers pas, je la cache. J'ai des caméras de surveillances aux chalets. Quand j'arrive, je les débranche, ajoute-t-il, même si elles sont assez bien sécurisées. »

M. Coallier rappelle que c’est en utilisant des objets connectés mal protégés que des pirates ont réussi à paralyser Internet pendant quelques heures dans le Nord-Est américain le mois dernier.

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