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Ce qu’il faut savoir sur les mondiaux de patinage de vitesse sur courte piste

Les Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste s'ouvrent vendredi à Montréal. Après les exploits de Kim Boutin et de Samuel Girard et le parcours plus difficile de Marianne St-Gelais et de Charles Hamelin aux Jeux olympiques de Pyeongchang, à quoi doit-on s'attendre? Survol de la compétition avec l'analyste et quintuple médaillé olympique François-Louis Tremblay.

Q - MOINS D'UN MOIS APRÈS LES JEUX OLYMPIQUES, COMMENT SE SENTENT LES ATHLÈTES AVANT LES MONDIAUX?

R. Les mondiaux après les Olympiques sont difficiles. Ton objectif depuis quatre ans, c’est les Olympiques. Tu penses beaucoup aux Olympiques. Ta préparation physique est centrée sur ça. Et là, soudainement, tu descends de ton nuage et ta forme physique redescend aussi.

En revenant, t’as beaucoup de choses à faire, avec les entrevues dans les médias. T’as mis ta famille et tes amis de côté pendant plusieurs mois, donc tu prends du temps pour te rattraper et leur parler de tes résultats, tu leur rends visite, etc.

Tout de suite, l’entraînement reprend pour les mondiaux, qui ont lieu une dizaine de jours après. Mentalement, c’est très difficile de se remotiver pour une autre grosse compétition. Ça prend tellement d’énergie! Ça ne prend pas grand-chose pour qu'un athlète perde les deux ou trois centièmes qui l’ont fait gagner aux Jeux. C’est possible de faire une bonne compétition, mais il y a un défi supplémentaire.

Q - KIM BOUTIN ET SAMUEL GIRARD SENTENT-ILS LA PRESSION DE RÉPÉTER LEURS EXPLOITS DES JEUX OLYMPIQUES?  

R. La pression sera beaucoup moins grande qu’aux Jeux. D’autant plus que certains grands noms seront absents, comme Elise Christie ou Arianna Fontana, qui ne se sentait pas assez forte pour participer. Avec leurs performances, Boutin et Girard ont eu la confirmation que leur carrière va bien, présentement.

Peu importe ce qu'il arrive, ils sont encore jeunes et ils ont encore au moins trois Jeux devant eux, s’ils le veulent. Ils ont prouvé de quoi ils étaient capables et le pire est passé pour eux cette année.

Q - CHARLES HAMELIN A DÉCIDÉ DE CONTINUER POUR AU MOINS UNE AUTRE SAISON. QUE PENSES-TU DE SA DÉCISION?

R. Ce n’est pas facile d’arrêter. Quand tu es là-dedans pendant une quinzaine d’années à temps plein et que tu planifies d’arrêter, je pense que pour certains, ça peut arriver trop rapidement. Certains ont besoin d’un parachute pour s’habituer, l’année qui suit. Ça permet de se donner la chance de chercher autre chose.

Peut-être que Charles n’était pas prêt à faire le saut dans la vie normale et qu’il sentait qu’il avait encore à donner au patin. Je ne pense pas qu’il est satisfait.

Q - Y A-T-IL DES CHANCES QUE DES RECORDS SOIENT ÉTABLIS À CES MONDIAUX?

R. Je ne pense pas que Montréal va offrir une glace qui permet d’aller à cette vitesse-là, étant donné qu’on est au niveau de la mer. Et on a vu des temps assez impressionnants à Pyeongchang, au 500 m entre autres. Comme on est après les Jeux, ce serait surprenant de voir des records du monde. Mais on ne sait jamais.

Q - IL Y AURA UNE ÉPREUVE SUPPLÉMENTAIRE AUX MONDIAUX: LE 3000 M. QU'EST-CE QUE ÇA CHANGE POUR LES ATHLÈTES?

R. C’est quelque chose qu’on ne pratique pas souvent, puisque la plupart des compétitions ne l’ont pas. Les mondiaux sont souvent l’occasion qu’on a de faire un 3000 m. Mais ce n’est pas tout le monde qui est bon. Le format des Championnats du monde avantage beaucoup plus les patineurs endurants que quelqu’un qui se spécialise dans les sprints.

Q - LES MONDIAUX À MONTRÉAL, ÇA REPRÉSENTE QUOI POUR LES ATHLÈTES?

R. Ce sont les mêmes patineurs, pour la plupart, qui étaient aux Olympiques. Le public gagne beaucoup à voir la frénésie olympique qui les habite encore. C’est comme un cadeau. Les jeunes peuvent venir voir les athlètes avec leur famille, ce n’est pas très dispendieux.

Pour ceux qui vont prendre leur retraite, comme Marianne St-Gelais et François Hamelin, c’est une occasion en or de patiner une dernière fois devant ta famille, tes amis, tout le monde qui t’a aidé, tes anciens entraîneurs, etc. Normalement, tu ne prends pas ta retraite devant ces gens-là. C’est l’occasion de le faire chez soi et d’offrir une belle dernière compétition.

Valérie Maltais a décidé de se tourner vers le longue piste. Le relais sera donc sa dernière compétition, à moins qu’elle ne décide de revenir en courte piste. Elle n’aura pas l’occasion de patiner une course individuelle devant ses partisans. C’est malheureux, parce que je sais qu’elle aurait voulu le faire devant sa famille.

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