BILLET - On peut analyser et décortiquer les joueurs et les équipes sous mille et une coutures pour faire des prédictions à l'aube des séries éliminatoires. Mais la plupart du temps, malgré les statistiques avancées et tout le reste, les bonnes vieilles recettes donnent encore les meilleurs résultats.

Pour tenter de prédire l’issue de la série qui opposera le Canadien aux Rangers, concentrons-nous donc sur un des plus vieux adages du sport : « L’attaque remporte des matchs, la défense remporte des championnats. » Et sur le plus véridique proverbe de l’histoire du hockey : « Montrez-moi un grand gardien et je vous montrerai un grand entraîneur. »

Les 45 dernières séries disputées dans la LNH au cours des trois dernières saisons donnent entièrement raison aux grands sages qui vantent, depuis toujours, les vertus du jeu défensif quand arrive le temps des éliminatoires.

Dans ces 45 séries, les équipes qui présentaient la meilleure défense collective ont éliminé leurs adversaires dans 66,6 % des cas. Aucune autre variable n’influence autant le résultat d’une série.

Par ailleurs, les formations qui misaient sur le gardien ayant compilé le meilleur taux d’efficacité l’ont emporté dans une proportion de 60,5 %.

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Revenons à la série Canadien-Rangers.

Malgré ses déboires de janvier et février, et même si Carey Price a piqué du nez pendant deux mois et demi, le CH avait cette saison la quatrième défense de la LNH. Dans cet aspect crucial du jeu, les Rangers ont plutôt figuré en milieu de peloton, au 13e rang.

D’un point de vue individuel, Carey Price présente le troisième taux d’efficacité (,923) parmi les gardiens qui ont disputé au moins 3000 minutes de jeu cette saison. Du côté d’Henrik Lundqvist, les choses ont été plus difficiles. Le King a dû se contenter d’un très ordinaire taux de ,910.

D’un côté, vous avez Price qui est en plein apogée. De l’autre, vous avez Lundqvist, 35 ans, qui commence à être ralenti par les blessures et qui n’a jamais battu Price depuis la saison 2012-2013 (fiche de 0-7-1 et taux d’efficacité de ,886).

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Ceux qui s’inquiètent de la qualité de l’attaque du Tricolore seront peut-être contents d’apprendre ceci : de tous les facteurs isolés dans l’analyse des 45 dernières séries de la LNH, l’attaque (d’un point de vue collectif) a le moins d'influence sur l’identité de l’équipe gagnante.

Incroyablement, la formation ayant marqué le plus de buts en saison n’a remporté que 48,8 % des affrontements éliminatoires au cours des trois dernières années.

Le fait que les Rangers se présentent à Montréal avec la quatrième attaque de la LNH (alors que le CH apparaît au 15e rang) n’a donc pas la même importance que la qualité de leur défense respective.

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Au fil des ans, j’ai aussi peaufiné mon modèle d’analyse en m'inspirant d'un bouquin très intéressant qui s’intitule Who Will Win the Big Game? A psychological & Mathematical Method.

L’un des auteurs de ce bouquin, Carlton Chin, est stratège financier et gestionnaire d’un fonds de placement. Son partenaire, Jay Granat, est psychologue.

Outre les évidentes statistiques auxquelles ont accès tous ceux et celles qui suivent les activités de la LNH, de la MLB, de la NFL, de la NBA et de la NCAA, Chin et Granat accordent aussi beaucoup de valeur à des intangibles comme l’impact des super-vedettes, le leadership et l’expérience récente des équipes dans les matchs de championnat ou lors de grandes finales.

Par exemple, dans une série éliminatoire de la LNH, l’équipe qui a le meilleur marqueur a plus de chances de l’emporter (61,4 % au cours des trois dernières années) que la formation ayant inscrit le plus de buts en saison. Et il en a toujours été ainsi. Au cours des 35 dernières années, l’équipe qui misait sur le meilleur marqueur l’a emporté dans 62,5 % des cas.

Le meilleur marqueur des deux équipes est Max Pacioretty, qui a inscrit 67 points cette saison, contre 59 points pour Mats Zuccarello du côté des Rangers.

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En ce qui a trait au leadership (au poste d’entraîneur), New York et Montréal sont en quelque sorte à égalité. Depuis le début des années 2010, Claude Julien a remporté une Coupe et participé à une autre finale, tandis qu’Alain Vigneault a participé à deux finales.

Les deux formations sont bien dirigées.

Par ailleurs, l’expérience des grandes finales et des matchs de championnat ne fait pencher la balance ni d’un côté ni de l’autre.

Les Rangers ont participé à la grande finale en 2014 (ils s’étaient inclinés en 5 matchs) et ils misent notamment sur Rick Nash, qui a remporté plusieurs médailles d’or avec l’équipe canadienne.

De son côté, le Canadien compte sur deux gagnants de la Coupe Stanley (Andrew Shaw et Dwight King) et deux de ses meneurs (Shea Weber et Carey Price) ont aussi savouré l’or avec l’équipe nationale du Canada.

En résumé, le Bleu-blanc-rouge détient un avantage clair dans les trois facteurs statistiques qui influencent le plus les résultats des séries éliminatoires. Trois facteurs déterminants qui, considérés isolément, situent ses chances de succès à plus de 60 %.

Pour toutes ces raisons, ce sera le Canadien en six.

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