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« Ce serait ridicule de baisser les bras » - Lance Stroll

Lance Stroll se rend compte petit à petit à quel point la F1 est un championnat à part. Après sa participation aux essais officiels à Bahreïn, il a pris le temps de faire le point sur son apprentissage.

Le pilote québécois a fait 35 tours et a terminé la journée de mardi au 7e rang du jour avec un chrono de 1 min 33 s 729/1000, à 2,3 secondes du temps de référence de Lewis Hamilton (Mercedes-Benz, 1:31,358).

Son coéquipier Felipe Massa (1:32,509) a fait 52 tours et a fini son travail à 1,1 s du Britannique.

Mercredi, à la deuxième journée des essais officiels, Williams a mis le Britannique Gary Paffett dans le cockpit de la FW40.

Paffett, 36 ans, a remporté la série DTM en 2005 et a été pilote de réserve de l'équipe McLaren pendant huit ans. Il a fait 126 tours. Il a inscrit un de chrono de 1:32,253, à 9 dixièmes du temps de référence, établi par Valtteri Bottas (Mercedes-Benz, 1:31,280).

Une preuve de plus que l'expérience ne s'achète pas.

L'accrochage avec Carlos Sainz

Lance Stroll a en ce moment la référence peu enviable d'être le pilote qui a le moins tourné en course en 2017.

Il ne s'en formalise pas, car il n'a pas été tenu responsable de l'accrochage au 13e tour du Grand Prix de Bahreïn avec Carlos Sainz fils.

L'Espagnol a fait une erreur, ce qu'a confirmé la direction de course en lui imposant une pénalité, soit un recul de trois places sur la grille de départ du prochain grand prix.

« Ça ne sert à rien de se plaindre, a expliqué Stroll dans le paddock. En course, tout le monde fait des erreurs.

« Il [Sainz] en a fait une, mais j’en ferai moi aussi. C’est comme ça que ça fonctionne, c’est comme ça en course automobile.

« Dans ce sport, c’est à 90 % mental. Si vous n’êtes pas capable de passer à travers ces frustrations, vous avez choisi le mauvais sport, affirme-t-il.

« Ce serait ridicule de baisser les bras tout de suite, après seulement quelques courses de F1.

« Il ne faut pas tout voir en négatif. Il y a eu de bons moments, comme les séances de qualification. Il y a eu plein de bonnes choses depuis le début de la saison, on sait sur quoi travailler, et déjà on voit de l’amélioration chaque week-end. »

De la F3 à la F1

Lance Stroll comprend chaque jour un peu plus ce qui rend la F1 unique.

« Les moteurs sont différents, on a beaucoup plus de motricité et d’adhérence dans les pneus, et l'on doit donc trouver des techniques de piloter, qui ne nous viennent pas naturellement (unnatural), car tellement différentes de ce qu’on peut faire ailleurs.

« Je dois encore progresser dans tellement de domaines, admet-il volontiers. Je dois encore apprendre, pas tant les difficultés de la F1, mais les différences avec la F3.

« Les pneus sont gros en F1, alors je dois trouver comment les utiliser au mieux, en course, en qualification. Il faut que je trouve des trucs pour y arriver.

« Les pneus de F1 sont tellement différents de ceux de la F3. Les pneus de F3 sont beaucoup plus permissifs. Ce qui était extra en F3, c’était qu’on pouvait tester la limite de la voiture pour qu’elle aille toujours plus vite.

« Alors qu’en F1, ce qui compte, c’est de trouver les petits trucs, les subtilités techniques pour que la voiture réagisse bien. »

Temps limité pour apprendre

La FIA a diminué de façon draconienne dans les essais privés et officiels en F1 pour une question de coûts. Il y a seulement quatre jours prévus en 2017 (18 et 19 avril à Bahreïn, 1er et 2 août en Hongrie). Un handicap pour les jeunes pilotes.

« Durant les week-ends de course, oui, on tourne en essais libres, mais il y a tellement de changements de réglages à faire que vous n’avez pas trop le temps d’expérimenter pour vous améliorer », fait-il remarquer.

« À chaque présence en piste, j’apprends quelque chose. [Le circuit de Bahreïn] c’est une bonne piste pour en apprendre plus sur le comportement et l’usure des pneus, comment négocier l’entrée en piste et le premier tour [Le temps que les pneus montent en température, NDLR].

« Dans des essais comme ici, précise le pilote canadien, nous ne sommes pas limités dans le temps de piste, c’est bien de travailler sur le plus de choses possible. »

Lance Stroll est en mode apprentissage et met l'accent d'abord sur son travail en essais plutôt que sur ses résultats en course.

« C’est une chose que de de faire mon possible en course, mais je dois avant cela en apprendre le plus possible pour tenter d’atteindre le maximum de mes capacités comme pilote de course.

« Williams sait ce que je dois faire pour progresser, et moi aussi je le sais.

« Évidemment, avec le vent et la chaleur [à Bahreïn], ce n’est pas idéal, mais c’est quand même une belle chance pour moi. Je dois profiter de toutes les chances possibles pour apprendre, car nous sommes tellement limités dans les essais qu’on peut faire. »

Les bons résultats de Felipe Massa depuis le début de la saison, avec 16 points en trois courses, permettent au jeune homme de 18 ans de repousser pour le moment la pression de devoir marquer des points et lui donnent de précieuses informations sur la bonne direction à prendre.

« Je travaille de mon côté, mais j’utilise aussi Felipe comme référence, pour quelques trucs et les données télémétriques afin d’avoir une meilleure compréhension des choses, en piste et hors piste. »

Lance Stroll, très conscient de la pente à gravir, a le temps d'apprendre en attendant les circuits européens qu'il connaît (le premier, ce sera à Barcelone à la mi-mai), où la pression de devoir confirmer en course grimpera de plusieurs crans.

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