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Centres d'injection supervisée : les responsables tentent de calmer les inquiétudes

L'ouverture de trois centres d'injection supervisée à Montréal provoque de nombreuses inquiétudes, mais la Ville, son service de police et les organismes concernés affirment que de tels centres, qui sont surveillés de près, ont fait leurs preuves à travers le monde dans la lutte contre la toxicomanie et l'itinérance.

Les centres d'injection supervisée des organismes Cactus Montréal, Dopamine et L'Anonyme ont ouvert leurs portes lundi dans la métropole. Un autre centre ouvrira cet automne dans la rue Ontario Est.

Certaines personnes qui habitent à proximité s’inquiètent des conséquences que pourraient avoir ces services dans leur quartier.

Tout en admettant que ces craintes sont « légitimes », la directrice générale de Cactus Montréal, Sandhia Vadlamudy, a rappelé que ces organismes ne sont pas nouveaux.

Cactus Montréal offrait déjà des services aux personnes toxicomanes sur une base quotidienne. « Nous recevons déjà entre 150 et 300 passages par jour », a-t-elle précisé.

Toutefois, ils sont nouveaux pour « le grand public », a souligné la directrice générale de l’organisme.

Collaborer avec la population

Les toxicomanes sont souvent associés à certains stéréotypes qui n’ont rien à voir avec la réalité, selon Sandhia Vadlamudy. Elle croit que l’un des enjeux sera de sensibiliser la population et d’être à l’écoute de ses préoccupations.

Selon la Direction de santé publique de Montréal, de 200 à 300 injections devraient avoir lieu dans l’ensemble des centres chaque jour.

Ces lieux permettront notamment de faire diminuer le nombre de seringues dans les rues et les parcs de Montréal, a soulevé le commandant Simon Durocher, qui travaille au poste de quartier 22, situé avenue Papineau, dans Centre-Sud.

La réalité montréalaise est comparable à celle de Barcelone, où des centres ont été implantés, a-t-il expliqué. Le nombre de seringues jetées dans des endroits publics y est passé de 1,2 million en 2004 à 240 000 en 2014.

Améliorer la santé et la sécurité publique

L’ouverture de ces centres s’inscrit dans une stratégie d’amélioration de la santé et de la sécurité publique, a mentionné le responsable de la stratégie centre-ville et membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, Richard Bergeron.

« Soyez assuré que nous avons pris toutes les dispositions, autant avec le personnel de chacun des centres, avec la police, ainsi que l’ensemble du réseau d’aide à l’itinérance et à la toxicomanie », a-t-il affirmé.

Selon lui, il ne faut pas parler de risques puisque avant l’ouverture de ces centres, des seringues étaient distribuées par des organismes et de nombreux toxicomanes s'injectaient dans les espaces publics.

Des centres surveillés

Le chef du poste de quartier 22 a dit que ses policiers, qui vont patrouiller près de ces centres, ont assisté à une séance d’information et qu’ils sont habitués à traiter avec cette clientèle.

Il ne s’attend pas à voir davantage de vendeurs de drogue dans les environs, mais il a promis de réagir rapidement si c’est le cas.

« Je vous dirais qu’on ne s’attend pas à constater un changement », puisque des toxicomanes fréquentaient déjà ces organismes, a souligné Simon Durocher.

Le commandant croit aussi qu'il faudra sensibiliser la population. « Il ne faut pas se le cacher, l’organisme est implanté là où il y a un besoin. Et la clientèle est souvent locale », a-t-il fait valoir.

Les taux de criminalité avant et après l’ouverture des centres seront comparés, et des mesures seront prises au besoin.

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