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Chaleur et réconfort à l'Accueil Bonneau pour son 140e Dîner des rois

L'Accueil Bonneau a servi dimanche des centaines de repas chauds dans le cadre de son traditionnel Dîner des rois, le 140e de son histoire. L'ambiance était à la fête dans ses locaux du Vieux-Montréal, malgré le froid polaire qui régnait à l'extérieur.

Un texte de Jérôme Labbé

Habitués et bénévoles avaient rendez-vous pour le premier service à 9 h 30 dans les locaux de l'organisme, qui reçoit en moyenne entre 600 et 700 personnes par jour.

Dimanche, environ 500 convives ont été servis, dont Patrick, qui se présente à la mission presque chaque matin, même s'il a un chez-soi bien à lui.

« Moi, écouter des films, écouter la télévision... Je suis saturé de ça. J'ai besoin de sortir! J'ai hâte que 9 h 30 arrive pour venir à l'Accueil Bonneau », admet-il, sans gêne.

D'autres n'ont cependant pas d'endroit où rester. Ceux-là doivent composer coûte que coûte avec les aléas de Dame nature.

« Même les meilleures bottes au monde ne seraient pas assez chaudes », se plaint Sylvain, qui fréquente l'Accueil Bonneau chaque jour, « pour [se] réchauffer, boire du café, voir du monde, manger... »

« Tout va bien jusqu'à maintenant »

Selon la mairesse Valérie Plante, il n'y a toutefois aucune raison pour passer la nuit dehors. Malgré quelques débordements la semaine dernière, il y a encore de la place dans les refuges.

« Je suis très fière de dire qu'ont est en constante communication avec les différentes ressources, les différents services, pour s'assurer, par exemple, que si, dans une ressource – un refuge par exemple –, il y a trop de monde [...] eh bien à ce moment-là, les autres refuges se mettent en place, il y a des navettes disponibles [et] le service de police est dans la rue pour s'assurer que chaque personne en situation d'itinérance, on lui offre une option. »

Mme Plante, qui a elle-même servi des repas à l'Accueil Bonneau dimanche, promet de faire un bilan lundi de l'impact des deux premières vagues de froid sur les refuges pour itinérants.

En attendant, « toutes les personnes de la rue ont une place pour dormir, ça c'est sûr », assure-t-elle.

L'administration Plante-Dorais souhaite être plus présente sur le terrain au cours des quatre prochaines années, ajoute Rosannie Filato, qui a hérité du dossier au comité exécutif de la Ville de Montréal.

« Ce n'est plus juste au centre-ville; c'est un phénomène qui se répand à travers les quartiers, explique-t-elle. Il y a plusieurs organismes qui nous ont demandé la possibilité d'avoir des haltes-chaleur, par exemple, dans des quartiers excentrés. »

La pauvreté change de visage, rappelle celle qui a oeuvré pour les TUAC (Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce) avant d'être élue conseillère de la ville dans le district de Villeray; des gens « qui ne font pas beaucoup de sous ».

« Il y a beaucoup de gens qui ont un emploi, par exemple, et qui doivent se retrouver dans des banques alimentaires, parce qu'ils ne font pas assez d'argent. Parfois, ils ont [même] besoin de deux emplois... », souligne-t-elle.

C'est aussi pour venir en aide à ces personnes que l'Accueil Bonneau continue de servir quelque 300 000 repas par année.

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