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Chantiers : Montréal présente son plan pour aider les commerçants

La Ville de Montréal octroie une aide de 74 millions de dollars à ses commerçants. Le tiers de cette somme servira à épauler ceux qui subissent des problèmes engendrés par les grands chantiers de construction.

Le nouveau programme de compensation financière sera réservé aux commerçants qui ont pignon sur rue près de deux types de « chantiers majeurs » :

  • Ceux qui s'étalent sur plus de six mois et qui comportent des travaux souterrains, comme ceux qui ont cours ces jours-ci rue Sainte-Catherine;
  • Ceux entrepris par la Ville ou la Société de transport de Montréal et dont la durée prévue des travaux est d'au moins 36 mois – comme celui de la rue Bishop.

Les marchands qui estiment avoir perdu de l'argent en raison de ces travaux devront d'abord présenter leurs états financiers à la Ville. La première perte de 15 % ne leur sera pas remboursée, mais ceux qui auront pâti davantage pourront recevoir jusqu'à 30 000 $ par année d’ici 2022.

Cette mesure sera rétroactive au 1er janvier 2016.

La Ville dit s'être inspirée de l'expérience vécue par les commerçants de la rue Saint-Denis, dans les dernières années, pour établir sa formule.

Un accueil mi-figue, mi-raisin

Les commerçants visés ne seront pas indemnisés de manière automatique, c'est-à-dire qu'ils devront eux-mêmes en faire la demande.

Ceux qui devront embaucher un comptable pour préparer leurs états financiers seront d'ailleurs admissibles à un remboursement de 1000 $.

« Ça en dit long sur le processus », a commenté le chef de l'opposition, Lionel Perez, qui craint que ce nouveau programme alourdisse le fardeau bureaucratique des commerçants.

Son parti, Ensemble Montréal, aurait préféré que cette mesure s'accompagne d'un crédit de taxes « applicable durant l'année des travaux ».

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain est d'accord pour dire qu'il sera « important de revoir l’environnement fiscal afin de le rendre plus concurrentiel ».

Par communiqué, elle souligne néanmoins que « le montant maximal de la compensation annuelle, qui s’élève à 30 000 $, est significatif » et qu'il « incitera la Ville à tout faire pour éviter les délais sur les chantiers ».

« Il s’agit d’une stratégie qui a fait ses preuves dans d’autres villes », écrit son PDG, Michel Leblanc. « La dimension rétroactive des compensations est également bienvenue », a-t-il ajouté, soulignant que la Ville s'est engagée à ce que les commerçants reçoivent les sommes consenties rapidement.

La mise en oeuvre du programme devrait commencer cet automne. Le règlement devra toutefois être adopté au préalable par le conseil municipal.

L'administration croit que cette mesure lui coûtera environ 4 millions de dollars par année.

Un plan beaucoup plus large

L'aide aux commerçants aux prises avec des chantiers est l’un des quatre axes dévoilés mercredi dans le « Plan d’action en commerce » de la Ville.

Le plan vise aussi à :

  • adapter les politiques municipales et les infrastructures aux transformations des modèles d'affaires, notamment en réduisant le « parcours administratif des commerçants »;
  • dynamiser les artères commerciales, en améliorant leur « image physique », par exemple;
  • bonifier l’offre de soutien à la création et au développement des commerces, en bonifiant les ressources du réseau PME MTL, entre autres choses.

Ce plan entérine la majorité des recommandations du rapport déposé lundi par le comité consultatif formé plus tôt cette année à la demande de la Ville et dirigé par le président de Desjardins, Guy Cormier.

Certaines mesures proposées par le comité, comme la prolongation des heures de travail sur les chantiers et la révision du modèle de taxes imposé aux commerçants, seront étudiées par le Service des finances et par le Service des infrastructures de la Ville.

« Les commerçants, pour nous, pour notre administration, c'est important, a martelé la mairesse Valérie Plante, mercredi. Et on considère que les artères commerciales locales sont vitales pour les quartiers. »

Mme Plante présentait son plan d'action lors d'une assemblée du Conseil québécois du commerce de détail. Son PDG, Léopold Turgeon, en est sorti enchanté. « Enfin le commerce de détail est reconnu par les acteurs économiques et politiques, s'est-il réjoui. C'est un gain majeur. Pour moi, c'est historique. Je vous le dis, on travaille excessivement fort pour faire reconnaître le commerce de détail, qui représente un dollar sur trois dans l'économie du Québec. »

Le budget 2019, actuellement en préparation, pourrait par ailleurs contenir d'autres mesures d'aide pour les propriétaires de commerces montréalais.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine et Julie Marceau

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