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Chauffeur de taxi de Laval accusé d'agression sexuelle : son permis suspendu

La Commission des transports du Québec (CTQ) ordonne la suspension du permis d'un chauffeur de taxi de Laval accusé d'agressions sexuelles. En rendant sa décision il y a quelques jours, le tribunal administratif a écrit que les gestes de l'homme de 59 ans contre des passagères de son taxi étaient « inappropriés » et « inacceptables ».

Un texte d'Éric Plouffe

Lotfi Ben Romdhane, un Lavallois, fait face à trois accusations d'agression sexuelle. Les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis au printemps et à l'automne 2016 lors du transport de clientes qui sont montées à bord de son taxi au centre-ville de Montréal.

Le témoignage de l'une d'elles se retrouve dans la décision, rendue le 21 juillet par la CTQ, de faire suspendre le permis de chauffeur de taxi de l'accusé.

Selon le texte de cette décision, la victime est montée dans le taxi dans la soirée du 16 octobre 2016. Une fois dans le taxi, le chauffeur aurait mis sa main entre les jambes de sa passagère. Puis, une fois à destination, il serait sorti de son véhicule et aurait rejoint la femme pour mettre ses mains sous sa jupe, lui touchant l'intérieur de ses cuisses et remontant jusqu'à ses parties intimes.

L'homme a été arrêté le 17 novembre dernier. Quelques jours plus tôt, des patrouilleurs du Bureau du taxi de Montréal (BTM) l'avaient intercepté après avoir vu une passagère sortir à deux reprises sa main de la fenêtre avant du taxi pendant que le véhicule était en mouvement.

La passagère s'est sauvée sans payer lorsque le taxi s'est immobilisé. Les patrouilleurs ont trouvé dans la boîte à gants du véhicule des condoms et du lubrifiant. Ils ont remis à Lotfi Ben Romdhane un constat d'infraction « pour avoir laissé à l'intérieur du taxi des objets non nécessaires à la mise en service d'un taxi ».

Des « câlins »

Devant la CTQ, le chauffeur a déclaré qu'il ne se souvenait plus trop des faits qui lui sont reprochés, que « c'est vague, comme un rêve ». Il a ajouté qu'il était possible que les discussions avec les plaignantes puissent avoir abouti à des attouchements qu'il considère comme des « câlins ».

Dans la décision de l'organisme, on peut lire que l'accusé a affirmé avoir arrêté de faire du taxi pendant quelques semaines, à la suite de son arrestation. Puis il a dit avoir « chargé l'application d'Uber » tout en ajoutant « ne plus vouloir l'utiliser ».

Pour la Commission des transports, les explications du chauffeur sont peu crédibles et insuffisantes pour excuser son comportement. Le tribunal administratif ordonne au Bureau du taxi de Montréal de suspendre son permis jusqu'à ce qu'un jugement final soit rendu sur l'ensemble des accusations qui le concernent.

Le BTM n'était pas en mesure de nous fournir des statistiques sur le nombre de plaintes à caractère sexuel déposées contre des chauffeurs ces deux dernières années. Le Bureau transmet les plaintes directement au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le porte-parole du BTM, Renaud Beauchemin, a par ailleurs indiqué que depuis 2015, « tous les demandeurs d'un permis de chauffeur de taxi initial ou d'un renouvellement doivent soumettre un certificat de recherche d'antécédents criminels. Cette mesure vise à écarter les individus ayant un passé incompatible avec le métier de chauffeur. »

Le SPVM encourage pour sa part toute victime d'une agression du genre à porter plainte en se rendant dans un poste de quartier ou en composant le 911.

D'autres cas au Québec

Dans la dernière année, des cas semblables se sont retrouvés devant les tribunaux.

Un chauffeur de taxi de Québec, Karim Chikhi, subit un procès en ce moment pour avoir présumément agressé sexuellement trois clientes. Il a témoigné au début du mois pour nier les agressions qui lui sont reprochées et qui seraient survenues en 2013. Son permis de chauffeur de taxi a également été suspendu le temps qu'un jugement soit rendu.

Un autre chauffeur de taxi de Québec, Sofiane Mimouche, a été condamné à 12 mois de prison, il y a un an, pour avoir agressé sexuellement une cliente de 19 ans. À Sept-Îles, un chauffeur de taxi de 73 ans, Donat Lizotte, subit un procès pour l'agression sexuelle d'une cliente mineure qui s'est enlevé la vie après la mise en accusation du présumé agresseur. Il doit revenir devant la cour à la fin du mois d'août.

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