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Cheryl Bau-Tremblay était « explosive », selon l’accusé

Cinq jours après la disparition de sa conjointe enceinte, Alexandre Gendron a tenté de convaincre les policiers que Cheryl Bau-Tremblay était partie d'elle-même après avoir fait une crise de nerfs à leur résidence de Belœil. C'est ce que le jury a appris en regardant le début de son interrogatoire avec la police, qui le soupçonnait de meurtre, il y a trois ans.

Un texte de Geneviève Garon

« Elle a commencé à crier et je me suis effoiré sur le divan. Elle est partie. »

C’est ainsi qu’Alexandre Gendron a décrit ses derniers moments avec sa conjointe Cheryl Bau-Tremblay le 1er août 2015, lors de son interrogatoire avec la Sûreté du Québec (SQ), cinq jours plus tard.

« Moi je ne suis pas agressif, a-t-il ajouté. Quand ça crie, je dors. »

Il a décrit la femme de 29 ans, enceinte de 20 semaines, comme étant jalouse et colérique. « Elle est explosive. Cinq minutes, elle est calme et heureuse et cinq minutes après, c’est la tempête », a-t-il affirmé, d’un ton traînant.

Selon lui, il n’était pas inhabituel que Cheryl Bau-Tremblay disparaisse quelque temps sans donner de nouvelles et il ne s’est pas inquiété lorsqu’il a constaté son absence.

Alexandre Gendron subit un procès pour meurtre non prémédité au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

La Couronne a présenté au jury la première heure de la vidéo de l’interrogatoire, qui dure au total près de douze heures. La suite sera présentée vendredi.

Une semaine avant sa disparition, Cheryl Bau-Tremblay avait communiqué avec le 911 lors d’une dispute avec son conjoint. En pleurs, elle avait prié la police de venir calmer Alexandre Gendron, qui aurait été en état d’ébriété.

Après quelques jours passés chez sa sœur, elle lui aurait lancé un ultimatum, menaçant de le quitter s’il n’arrêtait pas de boire.

Elle est retournée à leur résidence quelques heures avant d’être portée disparue.

Découverte macabre

Le 6 août 2015, pendant l’interrogatoire d’Alexandre Gendron au quartier général de la SQ, la police a découvert le corps sans vie de la victime dans un sac de couchage, sous le lit du couple, dans leur maison de Belœil. Elle est morte par strangulation. L’enquête venait d’être transférée à la SQ.

Dans les jours précédents, des agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent s’étaient présentés à trois reprises au domicile, sans constater la moindre trace de la victime.

Dans sa déclaration d’ouverture, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Pierre Goulet, a soutenu qu’Alexandre Gendron a fini par affirmer aux policiers avoir causé la mort de sa conjointe en tentant de la maîtriser pendant une chicane.

Il n’aurait pas eu l’intention de la tuer et prétend que c’est un homicide involontaire.

« C’est trente secondes qui scrapent des vies »

Alexandre Gendron sentait déjà l’alcool lorsque le sergent-enquêteur Sébastien Rousseau et son partenaire sont allés le rencontrer chez lui, peu après 11 h, le matin de son interrogatoire.

Il a bu une bière devant les policiers et a accepté de les suivre, disant vouloir « collaborer ». Il a admis avoir un problème d’alcool. « Quand je bois, je suis écrasé sur le divan et je bouge plus. »

Sébastien Rousseau est retourné voir l’accusé deux semaines plus tard, alors qu’il était détenu et formellement accusé de meurtre.

« Je n’ai rien à cacher dans cette histoire-là. C’est trente secondes qui scrapent des vies », aurait-il déclaré.

Pendant la vidéo de son interrogatoire, Alexandre Gendron fixait l’écran devant lui et se penchait parfois sur ses genoux, la tête basse, regardant le sol.

De nombreux membres de la famille de Cheryl Bau-Tremblay assistent au procès prévu pour cinq semaines.

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