Dans un match aux rares occasions de marquer, c'est un défenseur qui a eu le privilège de donner la victoire à l'Impact face aux Sounders de Seattle, samedi, au stade Saputo.

Un texte de Olivier Arbour-Masse

Quelques secondes après avoir provoqué la faute décisive, Laurent Ciman a fait dévier de la tête le coup franc de Marco Donadel pour faire 1-0 pour l'Impact à la 88e minute de jeu, un pointage qui a tenu jusqu'au sifflet final.

L'Impact (7-8-3) a su profiter d'un adversaire vulnérable (10-10-2) ayant remporté un seul de ses huit derniers matchs pour grimper au 6e rang dans l'Est, le dernier donnant accès aux éliminatoires.

« C'était difficile, a reconnu le défenseur central belge. On avait des occasions, mais on n'arrivait pas à les concrétiser. On savait que ça se jouerait sur les petits détails. Les phases de jeu arrêtées, c'est des détails. »

Ciman a fait la différence avec son deuxième but de la saison, mais également par son jeu défensif encore une fois irréprochable.

Quand il a glissé pour bloquer un tir dans l'axe à la 25e minute, c'était déjà la troisième fois que la foule saluait ses interventions autoritaires.

En deuxième demie, même rengaine. Après avoir permis à Lamar Neagle de rester en jeu derrière Victor Cabrera, Ciman l'a neutralisé en pleine surface de réparation (66e). De quoi s'attirer les éloges de ses coéquipiers.

« Il a été fantastique », a reconnu l'attaquant Dominic Oduro, libéré de la pression d'agiter les cordages quand Ciman s'est acquitté de la tâche.

« Je ne veux pas trop le vanter parce que sa tête va enfler, de blaguer le Ghanéen. Il est l'homme du match, à mes yeux. J'ai beaucoup de respect pour lui. Tout le monde doit hausser son niveau de jeu comme ça. »

Le but de Ciman, ses poussées offensives et ses tacles ont un dénominateur commun : l'absence de doute.

Même son humilité n'a pas tressailli lorsqu'on lui a demandé s'il venait de disputer son meilleur match de la saison.

« Non, je pense que ce qui fait ma force, c'est ma continuité. J'essaie d'être le plus constant possible et d'aider l'équipe au maximum avec l'expérience que j'ai », s'est limité à dire le numéro 23.

Tranquille, tranquille

Avant la salve de Ciman, les occasions franches de marquer filtraient au compte-gouttes.

Les Sounders se sont appliqués à verrouiller le centre du terrain en l'absence de leurs deux meilleurs buteurs, Clint Dempsey, retenu par l'équipe américaine pour la Gold Cup, et Obafemi Martins, blessé à l'aine.

Les visiteurs n'ont tenté que trois tirs, tous bloqués en défense ou hors cadre.

L'Impact a quant à lui orchestré 14 frappes, dont 6 cadrées, mais seul Oduro a fait sourciller Troy Perkins, qui a gagné le duel entre les deux hommes à la 21e minute.

Ignacio Piatti avait brillamment lancé le rapide Oduro. L'Argentin, créatif comme à son habitude, a également su sculpter ses propres scénarios.

À la 23e minute, sa feinte a envoyé un défenseur au tapis, mais son tir, éloigné, a manqué de puissance pour tromper Perkins. Puis, à la 81e minute, sa frappe depuis l'intérieur de la surface de réparation a atterri sur la barre transversale.

Le onze montréalais s'est buté à « un groupe expérimenté, qui s'est placé derrière le ballon », d'analyser Frank Klopas.

L'entraîneur est tout de même satisfait du travail de ses hommes. « Toute l'équipe a connu un bon match. Si on n'avait pas eu les trois points, ça aurait été difficile de s'endormir. On a très bien joué », estime Klopas.

« On a été patients. On a trouvé de belles ouvertures. On a poussé sur le match. Avec les passes qu'on faisait, c'était une question de temps avant qu'on marque. »

N'empêche, il manquait à l'attaque de l'Impact une assurance comme celle que Ciman projette à l'arrière.

Ce n'est peut-être qu'une question de temps avant de l'obtenir : l'ombre de Johan Venegas planait sur le stade Saputo samedi soir et la rumeur Drogba parcourait les estrades.

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