Retour

Cinéma Parallèle, propriétaire de l'Excentris, au bord de la faillite

Le groupe français MK2, qui s'était montré intéressé à reprendre l'Excentris, a abandonné le projet, annonçant la faillite de cette institution du cinéma de répertoire à Montréal.

En mars dernier, MK2, joueur important de la production cinématographique et de la distribution en France et qui exploite 10 cinémas à Paris, souhaitait étendre son réseau à Montréal en reprenant le cinéma Excentris et en procédant à une importante expansion. Le projet devait comprendre les trois salles existantes ainsi que six nouvelles salles construites dans l'édifice voisin, propriété de l'homme d'affaires Daniel Langlois.

Selon Hélène Blanchet, directrice générale d'Excentris, les rénovations et l'achat de l'édifice auraient coûté entre 15 et 20 millions de dollars, un montant que MK2 n'était pas prêt à payer. Le groupe français prévoit toujours s'implanter dans la métropole, mais dans un autre secteur.

Cinéma Parallèle, propriétaire de l'Excentris, se placera sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 5 mai prochain. Son principal créancier, la SODEC, pourrait mettre en vente le bâtiment pour récupérer une partie des sommes qui lui sont dues, soit quatre millions de dollars.

Le cinéma Excentris a suspendu ses activités en salle en novembre dernier. La diffusion de films en ligne a quant à elle cessé le 22 avril.

L'établissement était, depuis quelques années, aux prises avec un problème d'approvisionnement qui l'empêchait de diffuser de nombreuses sorties attendues. Il avait montré du doigt les ententes d'exclusivité entre les distributeurs et les exploitants de salles plus importants, tels que Cineplex.

En mars, Christian Yaccarini, président du conseil d'administration d'Excentris et président-directeur général de la Société de développement Angus, soutenait que pour survivre, l'Excentris était condamné à s'allier à un acteur important de l'industrie.

Une santé financière précaire

Rappelons que le cinéma Parallèle, qui existe depuis 1967, a emménagé en 1999 dans les locaux du complexe Excentris, fondé par Daniel Langlois. Après une première fermeture en 2009, l'établissement a rouvert ses portes en 2011, grâce notamment à l'aide financière de la SODEC et de la Ville de Montréal, qui lui a permis d'acquérir les trois salles de cinéma et le hall pour un montant de 7,75 millions de dollars.

En février 2014, en collaboration avec l'Office national du film, Excentris a lancé un service de location de films en ligne.

Puis, en octobre 2014, le cinéma Excentris a sollicité la contribution des cinéphiles en lançant une campagne de sociofinancement de 10 000 $ pour ainsi se rapprocher de son objectif annuel de 150 000 $ en financement privé.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine