TORONTO - S'il y a un mot qu'on a entendu souvent cette saison dans l'entourage du Canadien, c'est inacceptable. Parfois, le match était inacceptable. À l'occasion, c'était l'effort, voire le comportement. Samedi soir contre les Maple Leafs (43-22-7), il s'agissait de la deuxième période.

Un texte d’Alexandre Gascon

Il ne faut pas s’en étonner remarquez, la saison est, elle aussi, inacceptable, Geoff Molson l’a confirmé vendredi.

Est-ce les matchs diffusés à la télévision nationale le samedi soir, est-ce Toronto, est-ce les blessures, peu importe, toujours est-il que le Canadien (26-33-12) a pris congé au cours du deuxième engagement et n’a jamais pu s’en remettre.

Pendant que ses coéquipiers semblaient avoir la tête aux vacances, Charlie Lindgren se démenait, pauvre malheureux abandonné devant son filet, et multipliait les arrêts spectaculaires pour conserver le mince espoir d’inspirer sa bande.

Même Tomas Plekanec se permettait de longues présences directement sous son nez, les patins bien plantés tout près du cercle bleu, ce qui n’est pas nécessairement sa marque de commerce.

Une victoire du CH n’aurait évidemment rien changé à cette campagne de plus en plus cauchemardesque, mais ce que Claude Julien demande à ses protégés depuis plusieurs semaines maintenant, c’est simplement de ne rien regretter et d’y aller au maximum de leurs capacités, constamment.

Ce qui a visiblement accablé les quatre joueurs qui se sont présentés dans le vestiaire et leur entraîneur, c’est cette absence momentanée du désir de compétition, véritablement la seule chose qui leur reste. Ou qui devrait leur rester.

« S’il y a de la fatigue, c’est une chose, mais on doit être beaucoup mieux qu’on était ce soir dans un match qui, pour nous, était important. Parce qu’on cherche le caractère des joueurs », a laissé tomber Julien, visiblement frustré.

Demeuré affable et patient durant cette traversée du désert de son équipe, il a démontré des signes d’impatience samedi soir, coupant court au point de presse des collègues anglophones et s’agaçant un brin de certaines questions, jugées redondantes.

Il cherche le caractère chez ses hommes, mais c’est plutôt lui qui en a montré.

« En première période, on était quand même dans le match. La deuxième période était inacceptable. En troisième, le dommage était fait. Autant on s’est amélioré et on a vu des joueurs s’améliorer dans les dernières semaines, ce soir ç’a été vraiment décevant », a-t-il tranché.

Mener par l’exemple

Outre Lindgren, Brendan Gallagher est probablement le seul qui n’a rien à se reprocher. La tête basse, mais le regard droit, il se présente chaque fois que sa présence est requise dans le vestiaire et il encaisse les questions.

Avez-vous laissé tomber votre gardien?

Est-ce qu’on peut retirer quelque chose d’une prestation semblable?

« On ne peut pas connaître une deuxième période comme ça. On a perdu toutes les courses, toutes les batailles, a admis l’adjoint au capitaine. C’est décevant parce qu’on veut mettre l’accent sur le travail présentement, mais on ne l’a pas fait. »

« Il faut utiliser nos 10 derniers matchs pour construire une fondation sur laquelle on pourra bâtir », enchaîne l’attaquant.

C’est peut-être ça la bonne nouvelle finalement. Il ne reste que 10 matchs.

En rafale

L’idée n’est pas de casser du sucre sur le dos de Noah Juulsen, une recrue de 20 ans qui a disputé 13 matchs dans la LNH et qui s’en est tiré avec les honneurs, au cours d’une séquence déprimante de surcroît, en plein cœur d’une saison lugubre. Cela dit, le défenseur a connu un match pénible contre les Leafs. À deux reprises, il a semblé avoir les pieds coincés dans le ciment, complètement dépassé par la vitesse de Kasperi Kapanen qui l’a facilement battu. La première fois, Kapanen a marqué en échappée, la seconde, son trio a gardé possession de la rondelle et en a profité pour enfoncer le 4e but plusieurs secondes plus tard. Le défenseur était même rentré au banc. Juulsen apprend vite jusqu’à présent, mais samedi soir, il a appris à la dure.

Le trio piloté par Logan Shaw et complété par Charles Hudon et Nikita Scherbak tente d’établir une cohésion, mais ne parvient pas à générer quoi que ce soit pour le moment. Hudon, qui semble franchement diminué physiquement depuis quelques matchs, n’a pas voulu l’utiliser comme excuse, mais l’a admis du bout des lèvres. « Je ne suis pas vraiment à 100%. J’essaie de jouer pareil pour aider les gars. Faut que je me concentre, c’est entre les deux oreilles, c’est sûr et certain. »

Michael McCarron disputait un premier match dans le circuit Bettman depuis le 7 novembre dernier. Il serait injuste de l’évaluer sur cette seule rencontre, mais il n’a pas aidé sa cause en terminant la soirée avec un différentiel de -2. Julien a encore parlé de son « gros gabarit », mais semblait à court de circonlocutions pour éviter de le critiquer.

De leur côté, les Maple Leafs coulent des jours heureux, particulièrement à domicile. Ils ont obtenu leur 12e victoire d’affilée au Centre Air Canada, un record de l’organisation. Avec 93 points au classement, Toronto est à toutes fins pratiques assuré de participer aux séries éliminatoires. Il s’agissait de leur 4e gain d’affilée, incluant les matchs à l’étranger; petit exploit réalisé en dépit de nombreuses blessures à leurs joueurs clés comme Auston Matthews, Nikita Zaitsev, Leo Komarov et Frederik Andersen.

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