Le temps des beaux discours est passé. Claude Julien avait épargné ses vedettes jusqu'à présent dans la série. Sans les nommer une par une, il les a montrées du doigt après la défaite de 3-2 contre les Rangers en prolongation, jeudi, au Centre Bell.

« Quand tu perds et que tu es en retard 2-3, tu ne peux certainement pas être satisfait. Et il y a des joueurs qui, nous le savons tous, peuvent nous en donner un peu plus. En espérant que ça va arriver », a-t-il ajouté.

On peut penser à Max Pacioretty, qui n’a qu’une passe en cinq matchs, à Alex Galchenyuk, qui n’a donné aucune mise en échec de toute la série, peut-être même à Andrei Markov qui a perdu un peu de son efficacité dans les deux derniers matchs.

Il n’y avait aucune pointe d’agressivité ni d’amertume dans la voix de Julien. Seulement un constat, posé, placide.

Non pas que Pacioretty se traîne les bottines. Le capitaine a décoché 13 tirs durant le match, et 5 ont touché la cible.

Il s’est même échappé avec 7 min 15 s à jouer en troisième période et aurait pu sceller le débat, mais Henrik Lundqvist l’a battu.

C’est l’une des histoires de cette série d’ailleurs, le gardien new-yorkais s’est toujours imposé devant le meilleur marqueur des deux équipes.

« C’est difficile, mais il faut en gagner quatre pour remporter la série. Jusqu’à présent, on a été assez bons pour évacuer tout ce qui est négatif. C’est important, particulièrement à Montréal », a avoué le capitaine après la rencontre.

Dans un vestiaire amorphe où l’on entendait pratiquement voler une mouche, Pacioretty, bien droit devant son casier, avait des airs de capitaine, debout pendant que la tempête fait rage.

« Un match à la fois, on ne peut plus rien faire à propos de celui-là. Il faut être déçu d’avoir raté cette occasion, mais excité de ce défi devant nous », a enchaîné Pacioretty.

« On a une occasion de montrer qui nous sommes dans ce vestiaire. On a comblé des retards souvent cette saison. En espérant qu’on pourra le faire dans cette série », a-t-il fait valoir.

Un match en deux temps

« On a eu une bonne première moitié de match. New York a pris le dessus dans la deuxième moitié », a analysé Julien.

À partir de la troisième période, New York a dominé 17-10 pour les tirs au but, dont 10-3 dans la seule prolongation.

On a senti que le vent a commencé à tourner quand le CH, alors en avant 2-1 en deuxième période, a bousillé deux avantages numériques.

« On n’a pas été capables de maintenir la pression, a estimé Brendan Gallagher. On est tombés sur les talons. »

Le petit attaquant montréalais avait encore le but victorieux de Mika Zibanejad en travers de la gorge.

« C’était un jeu chanceux, a dit Gallagher qui a disputé un fort match et a réussi son premier but des séries. Mais quand tu bourdonnes sans arrêt comme ça, ça va finir par arriver. »

Claude Julien a eu, ensuite, ce mot d’encouragement.

« Si je n’ai pas confiance en mon équipe, je n’ai rien à faire ici […] Je crois en cette équipe. Ils ont démontré à plusieurs reprises qu’ils pouvaient revenir de l’arrière. Ils ont montré beaucoup de caractère dans le passé, alors c’est leur chance de le montrer à nouveau. »

« Quelle meilleure façon que de gagner une série en revenant comme ça et la remporter à la maison », s’est demandé la recrue Artturi Lehkonen.

On ne sait pas si c’est la meilleure, mais c’est la seule.

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