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« Claude Julien, un des meilleurs » - Martin Biron

Au fond, Martin Biron aurait toutes les raisons d'en vouloir à Claude Julien. Mais loin de nourrir de la rancœur à son égard, l'ex-gardien des Sabres de Buffalo ne tarit pas d'éloges quand il est question de son ancien entraîneur.

Un texte d'Alexandre Gascon

Biron et Julien n’ont pas fait équipe bien longtemps. Le temps d’un printemps et d’une Coupe Memorial dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les Olympiques de Hull.

Il faut reculer de 20 ans. À l’hiver 1997, les Olympiques ont des prétentions sérieuses au trophée ultime du hockey junior canadien, dont le tournoi se déroulera dans leur ville de surcroît.

Menée par Julien, alors entraîneur recrue dans la LHJMQ, Hull fait l’acquisition de Biron des Harfangs de Beauport, l’un des meilleurs gardiens junior au pays.

Mais, surprise, les séries s’amorcent et l’entraîneur des Olympiques jette son dévolu sur Christian Bronsard, son homme de confiance depuis le début de la saison.

« Il avait pris une grosse décision. On va faire jouer Christian Bronsard et il va nous gagner une Coupe Memorial. On va laisser le gars qu’on est allé chercher par transaction sur le banc. Et ça a marché! Tu ne peux pas te plaindre quand les résultats sont là », lance Biron, encore amusé par l’anecdote.

« Ça m’a frappé dans le visage quand je n’ai pas pu jouer la finale de la LHJMQ et la Coupe Memorial. Ça fait trois, quatre ans que tu es dans le junior pour te rendre à la coupe et tu n’as pas la chance de jouer. C’est difficile (tough) », explique l’ancien gardien, joint au téléphone mardi.

Encore aujourd’hui, Biron juge cette leçon charnière dans sa carrière de hockeyeur.

« L’année après, je suis arrivé dans le pro à Rochester (NDLR : avec les Americans, le club-école des Sabres de Buffalo) et les choses n’allaient pas super bien, raconte-t-il. Les bonnes têtes de hockey comme Julien, comme (Alain) Vigneault, qui était mon entraîneur à Beauport, Mike Babcock, qui était mon entraîneur avec Équipe Canada et qui ne m’avait pas fait jouer du tout...Si ça arrive juste une fois, peut-être que c’est toi qui as raison. Mais quand il y en a trois ou quatre, tu te regardes et tu te dis il y a quelque chose qui faut que je fasse. »

« Ça m’a pris un peu de temps, mais ça m’a aidé à chasser le nuage noir que j’avais au-dessus de ma tête pendant ma première année professionnelle. Après ça, ma carrière est partie et c’est à cause des gars comme Claude (Julien) que j’ai été capable de m’en sortir », poursuit-il.

Ce sera le point de départ d’une carrière fructueuse pour Biron qui disputera 508 matchs dans la LNH, dont quelques saisons comme gardien numéro 1 avec les Sabres de Buffalo et les Flyers de Philadelphie.

Un congédiement « inévitable »

« À Boston, les joueurs vieillissent. Les (Zdeno) Chara et compagnie sont vraiment plus vieux. Ce n’est pas la faute de Julien. C’est le fait que l’organisation vieillit et elle n’a pas été capable de remplacer les bons joueurs par de jeunes joueurs, et c’est le coach qui écope », analyse Biron, qu’on entend régulièrement sur les ondes de TSN.

À l’instar des commentaires qui fusent aux quatre coins de la LNH depuis le début de la journée, Martin Biron encense l’entraîneur le plus victorieux de l’histoire des Bruins, avec ses 419 gains en 759 matchs.

« Claude, c’est un bon enseignant. Sa structure du hockey, la façon dont il enseigne aux joueurs, le jeu de position, les tactiques, etc. Il a toujours été excellent. »

Voilà quelques saisons que les rumeurs de congédiement de Julien revenaient périodiquement, ce que Biron trouvait « très surprenant ».

Les Bruins ont manqué les séries éliminatoires lors des deux dernières campagnes, tout de suite après avoir remporté le trophée du Président remis à la meilleure équipe de la saison régulière en 2013-2014.

Depuis l’arrivée du nouveau directeur général, Don Sweeney, en mai 2015, les jours de Julien semblaient comptés.

« La première fois que Don Sweeney est arrivé au repêchage, il avait trois choix d’affilée (13e,14e et 15e). Ces choix ont été un peu bizarres, personne ne les avait mis aussi haut dans le repêchage. »

Les choix en question, Jakub Zboril, Jake DeBrusk et Zachary Senyshyn, n’ont pas encore disputé un seul match dans la grande ligue, mais il est un peu tôt pour porter un jugement définitif sur leur potentiel.

Pour les obtenir, ainsi que deux choix de deuxième tour, Martin Jones (depuis échangé aux Sharks) et Colin Miller, Sweeney avait échangé Milan Lucic et Dougie Hamilton.

« Le côté positif pour Claude Julien, c’est qu’il y a des options dans la Ligue nationale. Claude Julien, ou Gerard Gallant, vont se trouver une job assez vite. Vegas est à la recherche d’un entraîneur pour la saison prochaine. Ils ont dit qu’ils voulaient avoir un entraîneur avant la fin de la saison. […] Si tu te fais seulement congédier à la fin de l’année, Vegas n’aurait sûrement plus été une option », explique le Québécois de 39 ans.

Julien se retrouvera-t-il un emploi dans la LNH?

« Ce ne sera pas long », foi de Martin Biron.

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