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Cliniques médicales cherchent médecins dans le nord et l'est de Montréal

Des cliniques médicales pourraient devoir fermer leurs portes dans le nord et l'est de Montréal, faute de médecins. Elles sont situées dans des quartiers où les omnipraticiens ne semblent pas vouloir s'établir.

Un texte de Davide Gentile

L'espace est lumineux et aménagé au goût du jour. La petite salle d'attente est ceinturée de salles de consultation flambant neuves. La clinique Rayons de Soleil est informatisée, elle compte sur une infirmière et semble avoir tous les éléments pour constituer un groupe de médecine familiale, sauf un. « On manque de médecins », indique la fondatrice, la Dre Florence Legros.

Elle cherche au moins deux médecins pour compléter son groupe de quatre omnipraticiens. Elle nous invite à visiter un des deux bureaux inoccupés. « Il pourrait accueillir un autre médecin », indique la femme de 62 ans.

La Dre Legros affirme qu'elle tente sans succès d'attirer de jeunes médecins.

Les permis de pratique (PREM) sont octroyés pour un territoire assez vaste, qui inclut Ahuntsic et Montréal-Nord.

Mme Legros a l'impression que plusieurs médecins préfèrent les quartiers à l'ouest. « Ils vont à Ahuntsic ou Cartierville, mais Montréal-Nord c'est le désert », déplore-t-elle.

L'administrateur de la clinique, Wilner Morisseau, pense que si l'on ne trouve pas de solution, le manque de médecins pourrait entraîner la fermeture de l'endroit. « C'est un cri d'alarme qu'on lance », insiste-t-il.

L’Association des médecins omnipraticiens de Montréal reconnaît le problème. « Il y a une difficulté de recrutement pour Montréal-Nord, pour Saint-Léonard aussi », dit son président, le Dr Michel Vachon.

Certaines cliniques de l'est de Montréal n'offriraient pas nécessairement le soutien technologique et professionnel souhaité par les médecins en 2017.

Mais le Dr Vachon admet que certains omnipraticiens n'ont simplement pas le goût de travailler dans ces quartiers. « S'isoler dans un bureau de l'extrême est de la ville, c'est beaucoup moins attirant que d'être à côté d'hôpitaux universitaires », dit-il.

Selon lui, la situation nuirait même à l'ouverture des supercliniques que Québec souhaite développer. « Sept cliniques disent : "Oui, nous, on veut bien. On a tout ce qu'il faut. Mais on manque de docteurs!" »

À la recherche de solutions

Ces asymétries persistent malgré les efforts de Québec pour changer la donne.

Auparavant, les permis de pratique de la médecine étaient octroyés pour l'île. Ils sont désormais répartis par sous-régions. Faut-il aller plus loin et forcer les médecins à s'établir dans ces quartiers? « On n'est pas en Union soviétique, où on va dire : "Tu vas travailler là et tu ne sors pas" », souligne le Dr Vachon.

En février, le ministre de la Santé Gaétan Barrette n'écartait pas cette possibilité. « La prochaine étape, c'est de resserrer encore plus la vis de façon à ce que cette sous-région-là, Montréal-Nord, ait des médecins », disait-il.

Michel Vachon admet que le corps médical doit contribuer à trouver des solutions.

L'accès à un médecin de famille demeure problématique. En début d'année, 59 % des patients du nord et de l'est de l'île de Montréal avaient un médecin. Les deux pires performances du Québec à cet égard, bien en deçà de la moyenne provinciale qui était d'environ 74 %.

Surtout qu'ici, la clientèle souvent immigrante est parmi les plus vulnérables de la métropole.

Florence Legros a l'impression que certains médecins ne sont pas enthousiasmés par le caractère multiethnique de Montréal-Nord. « Certains parlent créole ou arabe. Ils ont de la difficulté à se faire comprendre, mais ce ne sont pas des citoyens de seconde zone pour autant », fait-elle valoir.

Plusieurs autres médecins ont confirmé à Radio-Canada que le nombre et la répartition des médecins dans l'est de l'île sont problématiques. Des sources indiquent qu'il manquerait une cinquantaine de médecins sur l'île de Montréal, surtout dans l'est.

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