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CLSC des Faubourgs : le ministre Barrette nie toute responsabilité

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette balaie du revers de la main les arguments avancés par les médecins du CLSC des Faubourgs pour justifier leur décision de cesser d'offrir des consultations sans rendez-vous aux patients qui ne sont pas inscrits à leur groupe de médecine familiale (GMF).

« C'est leur choix. Ce n'est pas moi qui le leur impose », s'est défendu le ministre mardi, après que Radio-Canada eut révélé cette décision du CLSC, situé au centre-ville de Montréal. Certains des 24 médecins du CLSC expliquaient avoir pris cette décision à contrecœur pour répondre aux exigences du ministère.

Selon lui, leur GMF sera capable de suivre 16 000 personnes, alors qu'il n'en suit pour l'instant que la moitié.

« Moi, je leur ai donné jusqu'au 31 décembre 2017 pour changer leur modèle de pratique », a fait valoir M. Barrette en entrevue à Radio-Canada. « Pour le changer, il faut avoir l'accès adapté - donc faire du rendez-vous pour sa clientèle inscrite - mais il faut inscrire des gens », a-t-il ajouté.

« Ils n'ont pas besoin de fermer la clinique sans rendez-vous pour atteindre le nombre de patients inscrits. Ils doivent d'abord les inscrire et ensuite s'assurer d'être disponibles », ajoute le ministre. Ce volume de patients, dit-il, est « nettement inférieur à ce qu'il devrait être ».

« Le modèle fonctionne, dans la mesure où on l'applique entièrement », poursuit M. Barrette. « Entièrement, ce n'est pas inscrire 8000 patients à 22 [médecins]. Faites le calcul, ce n'est pas beaucoup, c'est très peu de patients par médecin. [...] Si ces médecins-là inscrivaient le double de citoyens, de patients, il n'y en aurait pas de problème. »

Le ministre ne bronche pas davantage lorsqu'on lui souligne que la clientèle qui fréquentait la clinique sans rendez-vous du CLSC Les Faubourgs est en partie constituée de patients qui ont des problèmes psychologiques ou d'itinérants, qui nécessitent des consultations plus longues qu'une clientèle en santé.

« Cette clientèle va compter pour deux et plus même selon le cas. Quand on dit qu'on doit inscrire mettons 1000 patients, si tous les patients sont de cette catégorie-là, par exemple, ça va être 500 qu'il va falloir inscrire et ainsi de suite. »

« Dans ce quartier-là, si tous les médecins, pas seulement les médecins du CLSC des Faubourg, inscrivent le nombre approprié de patients, avec la pondération, et qu'ils ont l'assiduité, donc la disponibilité appropriée, il n'y aura pas de problème, les gens vont avoir des rendez-vous », ajoute le ministre.

Un système de pondération contesté

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada avant la sortie du ministre Barrette, la chef de médecine générale du GMF des Faubourgs, la Dre Denise Fréchette, a cependant dénoncé la façon dont le système de pondération pour les patients a été mis en oeuvre.

En modifiant ce système, dénonce-t-elle, le ministère considère que le CLSC suit moins de patients qu'il ne le fait en réalité, ce qui a une incidence certaine sur le budget qui lui est alloué. 

« On avait en 2015 plus de 9000 patients [pondérés] au GMF. On avait alors un niveau de financement GMF niveau 2 », soit celui accordé aux institutions qui suivent de 9000 à 12 000 patients. « Or, en décembre 2015, les règles du jeu ont changé et on se retrouve depuis à 8758 patients pondérés ».

« Ma compréhension, c'est qu'on ne tient plus compte des patients vulnérables à domicile dans le calcul parce que la majorité de nos médecins [salariés, NDLR] ne sont pas rémunérés à l'acte comme le souhaitent la FMOQ [Fédération des médecins omnipraticiens du Québec] et le ministère. »

« En fait, nous pourrions continuer d'être sur le mode salaire, sauf pour les visites à domicile, mais comme cette nouvelle règle du jeu est rétroactive à janvier 2015 nous sommes pénalisés », poursuit-elle.

« Nous avons 200 patients vulnérables à domicile. En général, on pondère chaque patient vulnérable à domicile l'équivalent de 12 patients [réguliers]. C'est comme si on ne tenait pas compte de plus de 2000 patients dans le calcul du nombre de patients de notre GMF », déplore la Dre Fréchette.

« La conséquence, c'est que, si on ne trouve pas de solution administrative, nous allons perdre le financement du ministère pour des services d'infirmière [à demi-temps] et de travailleuse sociale [à demi-temps] en plus d'une diminution du budget pour un pharmacien et du budget de fonctionnement général », ajoute-t-elle.

La Dre Fréchette dit avoir relancé la FMOQ à ce sujet. En attendant une réponse, le GMF des Faubourgs tente de trouver des solutions pour garder son personnel en place, assure-t-elle.

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