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Coderre et Plante d'accord pour une tarification sociale du transport en commun

Les usagers à faible revenu devraient payer moins cher pour prendre le métro et l'autobus à Montréal, s'entendent pour dire les candidats à la mairie de Montréal Denis Coderre et Valérie Plante. Celui ou celle qui sera élu le 5 novembre ne pourra toutefois pas prendre la décision tout seul, puisque la Société de transport de Montréal (STM) ne peut plus, depuis le 1er juin, fixer ses propres tarifs; cette responsabilité relève maintenant de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Le sujet de la tarification sociale du transport en commun est revenu sur la table vendredi matin, lorsque le maire sortant, Denis Coderre, s'est dit en faveur d'une telle mesure, en marge d'une annonce concernant la création d'un conseil des aînés à Montréal.

Le candidat a toutefois rejeté du revers de la main l'idée de rendre le transport en commun gratuit pour tous les Montréalais, une mesure chiffrée à 620 millions de dollars par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), jeudi.

« Ce n'est pas réaliste », a-t-il tranché, évoquant la « capacité de payer » des contribuables. « L'argent ne pousse pas dans les arbres ».

Selon M. Coderre, seules les personnes moins nanties devraient pouvoir payer moins cher pour utiliser le réseau de la STM, ce qui est déjà le cas des personnes âgées, des étudiants et des enfants.

Une promesse non tenue?

La réplique de Projet Montréal n'a pas tardé, le directeur de campagne Guillaume Cloutier et le conseiller sortant Craig Sauvé accusant Denis Coderre sur Twitter de recycler une promesse électorale datant de 2013.

Après vérification, cet engagement, pris devant des étudiants de l'Université de Montréal, ne figurait pas formellement dans la plateforme électorale de M. Coderre il y a quatre ans.

Le conseil municipal avait toutefois accepté, quelques mois plus tôt, de demander à la STM d'étudier la question après le dépôt d'une motion par Louise Harel, qui était à l'époque conseillère du district de Maisonneuve-Longue-Pointe pour Vision Montréal.

Cette même STM a récemment modifié sa tarification envers les étudiants âgés de 25 ans et plus. Depuis le 1er septembre dernier, ceux-ci peuvent maintenant profiter du tarif réduit de la carte Opus.

Projet Montréal déjà d'accord

La tarification sociale du transport en commun figure déjà dans le programme de Projet Montréal depuis quelques mois, les membres du parti ayant adopté cette mesure lors d'un congrès, en mai dernier.

Ils s'étaient aussi entendus pour permettre aux enfants de 12 ans et moins accompagnés d’un adulte de prendre le métro gratuitement, un privilège actuellement accordé uniquement aux enfants de 5 ans et moins.

Mais Valérie Plante est allée encore plus loin lorsqu'elle a lancé officiellement sa campagne électorale : elle s'est engagée à « offrir aux jeunes et aux aînés de prendre le transport en commun gratuitement ».

« D'autres villes l'ont fait, a-t-elle souligné, vendredi, lors d'une visite dans une résidence pour personnes âgées d'Outremont. Et si on peut le faire pour les jeunes, on peut le faire pour les personnes aînées. »

Mme Plante a par ailleurs promis vendredi matin de faire les démarches nécessaires auprès des gouvernements provincial et fédéral afin de rendre toutes les stations du métro universellement accessibles d'ici 2030. Elle déplore, entre autres, qu'à l’heure actuelle seulement 11 stations de métro soient munies d’ascenseurs, alors que le Plan de transport de Montréal de 2008 prévoyait que 26 stations seraient universellement accessibles en 2017.

Cet échange sur la tarification et la bonification du transport en commun survient au lendemain de l'adoption d'une première politique de financement de l'ARTM par le conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Selon La Presse+, cette politique a été adoptée dans la division, les élus de Laval, de l'agglomération de Longueuil et des MRC Thérèse-De Blainville et Deux-Montagnes ayant voté contre le budget de 2,4 milliards de dollars.

Bonne nouvelle cependant : il a été établi qu'aucune hausse de tarifs ne serait décrétée d'ici juillet 2018, un gel envisagé depuis la naissance de l'ARTM par le président du comité de transition, Paul Côté.

L'ARTM coordonne depuis le 1er juin les services d'autobus, de métro et de trains de banlieue des 83 municipalités de la CMM. Elle a remplacé l’Autorité métropolitaine de transport (AMT), dans une refonte qui a fait passer le nombre de sociétés de transport de 16 à 5.

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