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Comment se porte Montréal par rapport aux grandes villes canadiennes?

Des éléments de réponses se trouvent dans les rapports Signes vitaux 2015 dévoilés simultanément dans 29 villes du pays, mardi. Ces rapports mesurent la vitalité des villes et identifient les défis qui restent à relever pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

Un reportage de René Saint-Louis

Montréal fait plutôt bonne figure, puisque la pauvreté a reculé depuis la dernière publication de Signes vitaux du Grand Montréal, en 2012. Le revenu médian des familles pauvres y est maintenant plus élevé qu'à Toronto et Vancouver, même s'il reste beaucoup de chemin à parcourir.

En 2013, écrit-on dans le rapport, près d'une famille sur cinq (19,1 %) dans le grand Montréal disposait d'un faible revenu. C'est un peu moins qu'à Toronto et Vancouver, qui sont à parité (21,8 %). L'écart se creuse un peu plus lorsqu'il est question de familles monoparentales à faible revenu, qui sont aussi moins nombreuses à Montréal que dans les deux autres grandes villes du pays.

Il y a aussi moins de sans-abris dans les rues de la métropole, selon les résultats de l'opération Je compte Montréal par rapport au même exercice mené dans les autres grandes.

Pour voir le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Les données pour chacune des villes ont été compilées par les Fondations communautaires du Canada. À Montréal, c'est la Fondation du Grand Montréal qui a fait l'exercice. Le président de l'organisme, Yvan Gauthier, estime que des mesures sociales permettent à la métropole québécoise de mieux tirer son épingle du jeu.

Le Grand Montréal, moteur de l'économie du Québec

Sur le plan économique, le Grand Montréal est plus que jamais le principal moteur du Québec, puisqu'il représentant 53 % du PIB de la province, comparativement à 30 % pour Toronto, en Ontario. Montréal demeure au 1er rang des grandes métropoles nord-américaines pour les coûts d'exploitation et le fardeau fiscal des entreprises. La ville est en progression constante parmi les grandes places financières de la planète, figurant maintenant au 18e rang. Toronto et Vancouver font cependant mieux, puisqu'elles se classent au 11e et 14e rang mondial.

Montréal maintient son titre de deuxième ville universitaire en importance d'Amérique du Nord après Boston avec une population de 170 000 étudiants, dont 20 000 étudiants étrangers. Le rapport souligne que depuis 25 ans, le taux de diplomation post-secondaire a plus que doublé sur l'Île de Montréal, passant de 21 % à 46 % de la population.

Plusieurs feux rouges

Le président de la Fondation du Grand Montréal Yvan Gauthier tient à rappeler que tous les indicateurs ne sont pas au vert. Le chômage est en hausse depuis deux ans et demeure significativement plus élevé chez les immigrants que chez les Montréalais nés au Canada.

En matière de criminalité, même si Montréal se classe mieux que les autres grandes villes canadiennes, la violence conjugale y est un problème plus important qu'à Toronto ou Vancouver.

Certaines statistiques sont aussi inquiétantes en ce qui concerne l'environnement et la qualité de l'air. C'est le cas de la hausse marquée du nombre d'automobiles dans les rues.

« De 2008 à 2013, la croissance du parc automobile dans le Grand Montréal a été deux fois rapide que la croissance de la population : 11,4 % plus d'autos, 5,1 % plus de citoyens. Il y a toujours plus d'autos à Montréal et la congestion routière coûte collectivement aux bas mots 1,4 milliard de dollars par année! », déplore Yvan Gauthier.

Cette hausse du nombre d'automobiles explique peut-être, selon lui, pourquoi il y a eu 64 jours de mauvaise qualité de l'air sur l'île de Montréal l'an dernier, une augmentation de 20 % sur l'année précédente.

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