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Condamné pour des gestes sexuels, un ex-éducateur de CPE est aussitôt libéré

Un ancien éducateur d'un Centre de la petite enfance de Verdun, Andrew Phillips, a été condamné à 15 mois de prison pour avoir manipulé les organes génitaux d'un garçon de 3 ans. Mais quelques heures après avoir pris le chemin des cellules, il a vu la Cour d'appel accepter de lui rendre une liberté provisoire.

Un texte de Geneviève Garon

L'enfant de 3 ans tombé dans les griffes d'Andrew Phillips restera marqué à jamais par ces attouchements. De petit garçon affectueux et rieur, il est devenu distant et méfiant, au tournant de 2012.

L'enfant a raconté qu'Andrew Phillips venait s'asseoir à côté de lui à l'heure de la sieste à la garderie. Il retirait sa couverture et « jouait » avec son pénis.

L'homme de 26 ans a été reconnu coupable de contacts sexuels. Mercredi, la juge Julie Riendeau a entériné la suggestion commune des deux parties et l'a condamné à 15 mois de prison et 2 ans de probation.

Libéré sous conditions

Toutefois, l'homme n'avait pas l'intention de passer la nuit en détention. À peine sorti de la Cour du Québec, son avocat, Me Robert Israël, s'est rendu à la Cour d'appel pour obtenir sa libération.

Comme Andrew Philllips a porté sa condamnation en appel, son avocat a demandé au juge Mark Schrager de le libérer, sans quoi il pourrait avoir fini de purger sa peine lorsque le jugement sur son appel sera rendu.

La Couronne ne s'y est pas opposée, et le juge a statué que M. Phillips ne représente pas un danger pour la société. Pour demeurer en liberté, il doit respecter plusieurs conditions, dont celles de demeurer à sa résidence de Toronto et de se tenir à au moins 100 mètres de sa victime.

Le processus d'appel va se poursuivre au cours des prochains mois. S'il échoue, l'ex-éducateur devra purger sa peine.

Des séquelles à vie pour la victime

Dans une lettre décrivant les conséquences sur la victime, la famille explique que l'enfant a régressé dans son développement, à la suite des événements. Même s'il ne portait plus de couche depuis longtemps, il a recommencé à s'échapper dans son pantalon, en plus de cesser de faire des siestes.

L'enfant a des tics, a perdu des cheveux sous l'effet du stress et s'est mis à avoir des problèmes de comportement à l'école.

Pour nous, ses parents, il a fallu lui apprendre la distinction entre dire non à un adulte qui abuse de son pouvoir ou qui transgresse les règles de notre société et les consignes d'un professeur qui lui enseigne et qu'il doit respecter, tant que ce dernier ne transgresse pas les règles.

Extrait de la lettre de la famille de la victime

Sa marraine, chez qui il dormait à l'occasion, a remarqué que l'enfant faisait tout pour ne pas aller dormir. Signe de son traumatisme, lorsqu'elle allait le réveiller la nuit dans son lit pour l'amener aux toilettes, « il couvrait immédiatement son pénis avec ses mains, puis lui demandait, encore endormi, si c'était bien elle ».

À 8 ans, il a réussi à se débarrasser de plusieurs comportements problématiques. Par contre, sa famille craint toujours que les gestes d'Andrew Phillips n'« aient potentiellement lourdement hypothéqué son avenir ».

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