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Conditions difficiles pour les migrants de Saint-Bernard-de-Lacolle

Les conditions dans lesquelles se trouvent les demandeurs d'asile du camp de Saint-Bernard-de-Lacolle « se sont grandement améliorées », assure l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) vendredi, mais beaucoup de travail reste à faire.

« Ce sont des conditions de confort minimum », soutient Patrick Lefort, directeur général de l’ASFC au Québec. Les agents à la frontière s'assurent de fournir aux migrants un accès à de la nourriture, de l'eau et des couvertures, explique-t-il.

Le campement de 32 tentes accueille pour l'heure entre 1000 et 1200 migrants, selon l'Agence des services frontaliers. Or, la capacité du site était de 512 lits, vendredi après-midi.À ce problème de lits s'ajoutent des installations sanitaires insuffisantes. Les nouveaux venus ont accès à des toilettes chimiques depuis jeudi seulement. Les douches devraient arriver bientôt, selon le porte-parole de la Croix-Rouge, Carl Boisvert.

Malgré des informations contradictoires qui ont circulé depuis hier, la Croix-Rouge assure qu'aucun cas de gastroentérite n'a été signalé sur le site.« Ces gens-là sont reçus dans des conditions exécrables », déplore Serge Bouchereau, porte-parole du Comité d'action des personne sans statut, un groupe de pression venu sur place pour visiter le campement.

En vertu de la Convention de Genève, le Canada doit accueillir les migrants décemment, estime M. Bouchereau.En point de presse, M. Lefort a soutenu que « les conditions se sont grandement améliorées dans les derniers jours », rappelant qu'il s'agissait d'une opération humanitaire très exigeante. L'Agence des services frontaliers compte par ailleurs augmenter la capacité du campement afin de faire face au volume de migrants qui traversent la frontière.

Des effectifs de partout au Canada sont venus prêter main-forte aux agents du camp de Saint-Bernard-de-Lacolle, dont 20 agents de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada.

Pas de « laisser-passer » pour le Canada

Le nombre de migrants qui traversent le chemin Roxham varie de 200 à 250 personnes par jour, selon l'ASFC.

Et l'afflux risque d'aller en augmentant, estime Hélène Laverdière, députée de Laurier-Ste-Marie et porte-parole du Nouveau parti démocratique pour les affaires étrangères, qui cite des sources gouvernementales.

Devant cette vague importante, Mme Laverdière s'interroge sur le silence du gouvernement de Justin Trudeau. « Où sont les ministres, où est le premier ministre? [Ils n’ont] pas l’air d’avoir de plan », souligne-t-elle.

Selon la députée, des mesures doivent être prises afin d’accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d'asile. « Tout est retardé. Les évaluations sur place se font après plusieurs semaines », déplore-t-elle.

L'Agence des services frontaliers assure de son côté que les demandeurs d'asile de passage à Saint-Bernard-de-Lacolle ne restent pas plus de trois jours, les agents traitant de 200 à 230 dossiers par jour.Une stratégie de communication devrait aussi être mise de l’avant pour venir corriger certaines rumeurs qui se propagent dans les communautés haïtiennes aux États-Unis, selon lesquelles « il est facile de venir au Canada », soutient Mme Laverdière.« Il faudrait faire comprendre aux gens qui se présentent que leurs demandes d’asile ne vont pas être nécessairement acceptées », rappelle-t-elle.

Un message qu'a repris en point de presse le directeur général de l'ASFC au Québec, en soulignant les règlements « rigoureux » du Canada en matière d'immigration. « Tenter de passer à la frontière illégalement, ce n’est pas un laisser-passer pour le Canada », a-t-il averti.

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