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Congédier ou non Michel Therrien? Toute la pression repose sur Marc Bergevin

BILLET - Michel Therrien sera-t-il encore l'entraîneur en chef du Canadien, vendredi matin, quand ses joueurs reviendront de leur semaine de congé?

Pour la première fois depuis qu’il a pris les commandes de l’organisation du CH, Marc Bergevin fait face au dilemme qui finit immanquablement par hanter tous les directeurs généraux de la LNH.

- Le Canadien n’a remporté qu’un seul de ses 7 derniers matchs, et seulement 4 de ses 14 dernières rencontres.

- L’équipe a été blanchie dans trois de ses cinq plus récents matchs, dont une fois aux mains de l’Avalanche du Colorado, la pire équipe de la LNH.

- Depuis le début de l’année 2017, l’équipe affiche un dossier inférieur à ,500 (9-10-2).

- Depuis son étincelant début de saison (13-1-1), le Tricolore n’a remporté que 18 des 43 matchs qu’il a disputés.

- Le meilleur joueur de l’équipe, Carey Price, est méconnaissable. La saison dernière, entre le 1er décembre et le 12 février, Mike Condon avait en quelque sorte présidé la débâcle du CH en maintenant un taux d’efficacité de ,897. Cette saison, depuis le 1er décembre, Price présente une moyenne de ,898.

- Les deux tiers des attaquants de l’équipe sont en panne. Tomas Plekanec revendique un but à ses 15 derniers matchs; Torrey Mitchell n’a pas marqué depuis 31 matchs; Phillip Danault a inscrit un but à ses 16 derniers matchs; Brian Flynn a marqué une fois lors de ses 13 derniers matchs; Paul Byron en est à un but en 14 matchs; Sven Andrighetto a marqué une fois dans les 15 derniers matchs et Artturi Lehkonen n’a secoué les cordages qu’une fois en 16 matchs.

- Alex Galchenyuk, qui avait amorcé la saison à titre de premier centre, présente un bilan défensif de -9 en 11 matchs depuis son retour au jeu, à la mi-janvier.

- L’unité de supériorité numérique, l’un des derniers aspects du jeu qui fonctionnait encore (jusqu’à tout récemment), n’a réussi qu’un but dans les huit derniers matchs, soit en 19 tentatives.

- Le Canadien est indiscipliné. C’est une tendance qui ne se corrige pas et qui coupe constamment les ailes de l’équipe. Le CH a le quatrième total de pénalités mineures cette saison dans la LNH. Encore dimanche, à Boston, deux pénalités inutiles d’Alexander Radulov et de Nathan Beaulieu ont brisé le rythme de l’équipe.

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Placez-vous un instant dans les souliers du directeur général.

Vous croyez votre équipe capable de représenter l'Association de l’Est en grande finale de la Coupe Stanley. Pourtant, tous ces problèmes (qui sont des tendances lourdes) surgissent de partout. Tenter de les régler un à un équivaudrait en quelque sorte à essayer de vider un paquebot qui coule avec une tasse à café.

Par ailleurs, après avoir absous son entraîneur et assumé tout le blâme pour la débandade historique de la saison dernière, Marc Bergevin a procédé à des changements extrêmement importants durant l’été afin de relancer l’équipe et offrir davantage de munitions à son entraîneur.

- Il a conclu l’une des plus retentissantes transactions de l’histoire de l’organisation en chassant P.K. Subban pour faire place à Shea Weber, un meneur incontesté et l’un des arrières les plus fiables de la LNH.

- Il a acquis Alexander Radulov, un attaquant d’élite qui s’est avéré la plus grosse bougie d’allumage de l’équipe depuis le début de la campagne.

- Il a mis la main sur Andrew Shaw, un joueur de caractère ayant remporté deux Coupes Stanley avec les Blackhawks de Chicago.

- Il a flanqué Carey Price d’un auxiliaire d’expérience en cas de pépin majeur.

Si Bergevin participait à une conférence de presse aujourd'hui, tiendrait-il le même discours qu’en avril dernier? S’y présenterait-il flanqué de Michel Therrien et de Geoff Molson? Accepterait-il à nouveau de prendre le blâme pour ce second effondrement en deux ans?

La réponse coule de source.

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Par définition, un dilemme est un raisonnement dans lequel deux prémisses contraires conduisent toutes deux à une même solution.

De l’autre côté de la médaille, cette équipe méconnaissable détient encore le 1er rang de sa division! A-t-on déjà vu, dans la très longue histoire de cette équipe, un entraîneur se faire congédier même si son équipe est en 1re place?

Quand Marc Bergevin a été embauché à titre de directeur général en mai 2012, Geoff Molson lui avait confié le mandat d’instaurer au sein de l’organisation une caractéristique que possèdent toutes les organisations gagnantes : la stabilité. Et cette recette lui a souri jusqu’à présent.

Michel Therrien en est à sa cinquième saison derrière le banc. Il s’agit du plus long règne d’un entraîneur du Tricolore depuis Scotty Bowman à la fin des années 1970. Et sous la gouverne de Therrien, le CH a connu sa plus grande et fructueuse période de succès en saison des 30 dernières années.

Ce n’est pas rien.

Par ailleurs, il y a quelques semaines, le nom de Michel Therrien figurait sur la liste des candidats pour l’obtention du trophée Jack-Adams.

Après avoir connu un départ-canon (l’un des meilleurs de l’histoire de l’organisation) le Canadien est aussi parvenu à traverser sans trop de heurts une féroce vague de blessures, et en misant sur des formations composées d’un fort pourcentage de joueurs de la Ligue américaine.

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Pour la première fois depuis que Marc Bergevin est en poste, toutes les conditions menant normalement au congédiement d’un entraîneur de la LNH sont réunies :

- L’entraîneur est en poste depuis plusieurs saisons et, de façon générale, le niveau d’effort du groupe s’étiole.

- Plusieurs membres de l’équipe offrent un rendement inférieur à ce qu’on attend d’eux. La supervedette de l’équipe (Price) semble désintéressée.

- Depuis plusieurs semaines, les défaites s’accumulent alors que les attentes envers le club sont très élevées.

- Les problèmes sont trop nombreux pour être réglés par le directeur général d’une simple transaction.

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Le Canadien profite cette semaine de quatre jours de congé et il ne reste que 24 matchs à disputer au calendrier. Pour un DG souhaitant apporter un changement draconien, c’est le moment ou jamais.

Chose certaine, ce que fera (ou ne fera pas) Marc Bergevin durant cette pause deviendra assurément LE fait saillant de cette étrange saison. Et peut-être même un fait marquant de son règne aux commandes de l’organisation.

Jusqu’à ce que les joueurs du Bleu-blanc-rouge tombent en congé dimanche soir, toute la pression entourant cette baisse de régime de l’équipe reposait sur les épaules de Michel Therrien.

Cela dit, quand les joueurs rentreront au travail vendredi matin, c’est dans la direction de Marc Bergevin que tout le monde regardera.

Que Michel Therrien soit congédié ou non signifiera que Marc Bergevin aura fait son lit et pris une décision cruciale.

Et c’est le DG qui devra être tenu responsable de la façon dont le parcours du Canadien se terminera.

Pour le meilleur ou pour le pire.

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