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Construire une tour en commençant par le toit

Une entreprise montréalaise est en train de tester une nouvelle méthode de construction, qu'elle dit unique au monde. Cette technique baptisée « Upbrella » intrigue tellement qu'une centaine de spécialistes du milieu de la construction ont visité le chantier cette semaine, au coin du boulevard René-Lévesque et de la rue Amherst, à Montréal.

Un texte de Marie-Ève Maheu

« C'est la première fois au monde où il y a des constructions abritées avec un système de levage synchronisé, où on soulève la toiture et un nouveau plancher », affirme le président d'Upbrella Construction et 3L Innogenie, Joey Larouche. C'est lui le cerveau derrière l'innovation.

Comment ça fonctionne? On construit d'abord les premiers étages, puis le toit. Et en soulevant ce toit, on ajoute un étage à la fois. L'immeuble locatif en comptera 10 à terme. Ils seront construits sans jamais utiliser de grue ou d'échafaudage, ce qui était jusqu'ici impensable pour un édifice d'une telle hauteur.

Pour voir la construction de l'édifice en accéléré sur votre appareil mobile, cliquez ici.

« De travailler toujours sur le plancher, c'est ça qui est intéressant. Tu es toujours couvert aussi, avec le toit qui protège de la pluie et de la neige, donc tu ne perds pas de temps », dit le surintendant du chantier, Sylvain Gauthier.

Les ouvriers utilisent des passerelles fixées à l'édifice, plus sécuritaires, et qui n'empiètent pas sur la rue.

Des économies

L'absence de grue et d'échafaudage permet aussi de faire des économies. « Le prix d'installation pour le revêtement extérieur, on sauve la moitié », dit le promoteur du projet immobilier Rubic, Luc Poirier.

« L'avenir, c'est ça, surtout pour des petits terrains où on n'a pas de place pour travailler », ajoute-t-il. La tour de 10 étages est construite sur un terrain de 3700 pieds carrés.

Construire pendant que d'autres y habitent

Pour Luc Poirier, l'avantage est aussi de pouvoir construire en étapes, au rythme de la demande. « Quand le marché économique est so so, les banques vont embarquer, parce qu'on est capable de commencer par un projet de 40 étages, puis quand le marché tombe, tu arrêtes, au 20e, tu loues ou tu vends, et après ça, tu peux continuer. »

Certains visiteurs ont été charmés. « C'est de l'innovation, mais c'est de l'innovation appliquée, donc, a beaucoup de rêves », dit la chargée de projet à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), Julie Favreau. Selon elle, l'organisme paramunicipal, qui réalise des projets de logement social, pourrait diminuer ses coûts grâce à des technologies du genre.

L'édifice Rubic, conçu par la firme d'architectes Rayside Labossière, devrait être terminé pour le 1er juillet 2016. Reste à voir maintenant si cette construction va en inspirer d'autres.

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