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Controverse à la suite de la destruction d’une œuvre autochtone montréalaise

Un totem créé par l'artiste atikamekw Jacques Newashish et exposé sur la place des Festivals à Montréal, a été détruit par inadvertance dans la nuit de lundi à mardi, donnant lieu à une pluie de critiques sur les réseaux sociaux. Des membres de l'entourage de l'artiste sont même allés jusqu'à insinuer que le geste était prémédité, ce que la Ville dément.

Un texte de Vanessa Destiné

La femme de la nuit hibou, une œuvre en bois, avait été élaborée pour honorer la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées dans le cadre du festival Présence autochtone. Elle devait être brûlée symboliquement mercredi soir, dans le cadre d’une cérémonie spéciale en présence de l’artiste.

Or, en arrivant sur le site mardi matin, les responsables de l’événement ont constaté que l’œuvre avait été rasée, vraisemblablement par des employés de la Ville de Montréal chargés de nettoyer la place des Festivals.

La nouvelle a rapidement fait le tour des réseaux sociaux notamment par l’entremise de Clode Jalette, la compagne de M. Newashish.

« Manque de communication apparente entre les organisateurs de Présence autochtone et la Ville de Montréal, zèle incompréhensible d'un employé de la Ville de Montréal, que s'est-il passé? Comment a-t-on pu si facilement déchiqueter et détruire ce qui était visiblement une oeuvre d'art pratiquement terminée? », a-t-elle écrit dans un message partagé sur Facebook.

Du côté de la Ville de Montréal, on répond que les employés municipaux sont sollicités pour faire le ménage à la fin des événements et que dans le cadre de Présence autochtone, il faut souvent ramasser des billots de bois (en raison de la nature des installations).

La Ville a reçu la demande de ramassage et soutient qu’un des employés envoyés sur place a demandé aux organisateurs ce qu’il convenait de faire avec le totem qui était alors entouré de billots de bois. Une personne lui aurait confirmé qu’il pouvait disposer de l’œuvre.

« L'employé de la Ville a agi de bonne foi et selon les informations dont il disposait à ce moment-là », a indiqué Anik de Repentigny, chargée de communication à Ville de Montréal.

« On va faire un suivi »

Du côté de l’organisme Terres en vues qui chapeaute le festival Présence autochtone, on assure qu’un suivi va être effectué au cours des prochains jours.

« On est en train d’investiguer. Donc on va essayer de trouver une solution et voir ce qui s’est passé dans le détail parce que pour l’instant on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé », précise Henry Welsh, qui s’occupe des communications.

Les responsables de l’organisme ont également publié une lettre mercredi où ils réfutent les accusations formulées contre la Ville en plus de présenter leurs excuses à Jacques Newashish, affirmant « [qu’ils auraient] dû être plus vigilants ».

La destruction du totem a fait beaucoup de peine à M. Newashish, ajoute Henry Welsh, mais on a été en mesure de tenir une autre cérémonie avec un autre totem, sur le site du Catalyseur d’imaginaires urbains, dans le quartier Outremont.

« [La femme de la nuit hibou] était une œuvre à laquelle tenait beaucoup M. Newashish, mais la cérémonie a permis d’apaiser une situation qui était délicate », conclut Henry Welsh.

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