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Corruption à Laval : Tony Accurso n’a jamais comploté, affirme son avocat

L'homme d'affaires Tony Accurso nie toute implication dans le stratagème de collusion dans l'octroi des contrats de construction à la ville de Laval. Il va l'expliquer au jury lors de son témoignage, a annoncé son avocat, dans le cadre de son procès pour fraude et corruption.

Un texte de Geneviève Garon

L’entrepreneur Tony Accurso était comme un avion qui volait à 35 000 pieds dans les airs, a illustré son avocat Marc Labelle aux membres du jury. « Les gens qui gèrent le quotidien sont à 1500 pieds. Celui qui est en haut ne sait pas toujours ce qui se passe en bas. »

Tony Accurso n’aurait jamais comploté dans un système de ristournes ni « aidé qui que ce soit ». Ce n’était pas de son ressort, a insisté Me Labelle, lors de son exposé pour expliquer aux jurés la version des faits qu’il entend présenter.

Ceux qui avaient le champ libre étaient les anciens administrateurs de son empire qui pourraient avoir comploté dans son dos. La défense a mentionné les noms des anciens présidents de ses entreprises Simard-Beaudry et Louisbourg Constructions, Frank Minicucci et Giuseppe Molluso. La défense a décrit ce dernier comme un homme qui ne s’en laissait pas imposer, pas un « mou ». Ces dirigeants auraient eu intérêt à générer des profits supplémentaires pour le consortium puisqu’ils en retiraient 10 %.

Ainsi, pendant que le stratagème frauduleux de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, battait son plein, Tony Accurso n’en aurait pas eu conscience puisqu’il aurait brassé des affaires à un autre niveau : le financement, des acquisitions et les contrats à l’international, notamment. « Il y avait des projets en Libye, en Algérie... il était dans ces sphères-là », soutient son avocat.

En mauvais termes avec Vaillancourt

Lors de son témoignage, Tony Accurso va expliquer qu’il n’avait pas une bonne relation avec Gilles Vaillancourt.

Les deux hommes se rencontraient de deux à cinq fois par année « pour faire avancer les projets, mais ça n’a jamais fonctionné », a expliqué Me Labelle

Tony Accurso va également nier avoir remis une enveloppe contenant 200 000 dollars comptant à un collecteur de Gilles Vaillancourt, Marc Gendron, contrairement au témoignage de ce dernier.

Une amitié de longue date avec Claude Asselin

Le fils aîné de Tony Accurso, James, 42 ans, a témoigné de la longue relation d’amitié entre l’ex-directeur général de la ville de Laval Claude Asselin et l’accusé. La défense entend démontrer que si Tony Accurso a payé les services d’une décoratrice d’intérieur à M. Asselin, en 2005, c’était par amitié, et non pas pour lui offrir un pot-de-vin.

James Accurso, qui est devenu vice-président de Simard-Beaudry en 2009, a insisté sur le fait que son père « ne se mêlait pas des opérations quotidiennes des entreprises, ce qui inclut les soumissions. » Les présidents des entreprises, comme Giuseppe Molluso et Frank Minicucci, s’occupaient de leurs chantiers.

Tony Accurso fait face à cinq chefs d’accusation : fraude de plus de 5000 $, abus de confiance, corruption, complot afin de commettre des actes de corruption et complot afin de commettre des fraudes.

Son témoignage est prévu mercredi, jour de son 66e anniversaire.

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