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Couillard et Plante déçus qu'Amazon tourne le dos à Montréal

Amazon ne s'établira peut-être pas à Montréal, mais le travail accompli pour attirer le géant du commerce en ligne dans la métropole québécoise n'aura pas été vain. C'est ainsi que se consolent le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et la mairesse Valérie Plante.

« Honnêtement, je trouve qu'on avait le meilleur projet, a fait valoir le premier ministre jeudi midi, après sa première rencontre officielle avec la nouvelle mairesse de Montréal. Pourquoi? Parce que Montréal est une ville de savoir, Montréal est une ville de talents, Montréal est une ville d'intelligence artificielle, Montréal est un endroit où la qualité de vie est remarquable. »

« Le travail qu'on a fait pour présenter ce dossier-là, il va être utile pour de nombreux autres projets, a-t-il ajouté. Parce qu'il y a beaucoup d'autres projets actuellement pour lesquels on veut miser sur les éléments qu'on a fait ressortir dans cette présentation. »

Québec serait d'ailleurs toujours « en conversation » avec Amazon sur « d'autres projets », a ajouté M. Couillard, sans en dire davantage.

« Oui, on aurait souhaité se retrouver dans la liste courte d'Amazon, mais ça ne s'arrête pas là, a renchéri Valérie Plante. Le travail qui a été fait par Montréal International va pouvoir nous servir à plein d'autres projets. »

Mme Plante a rappelé que dans la dernière année, Montréal « est allé chercher plein de nouvelles entreprises », citant par exemple la société française Zenika, dont la venue a été annoncée en décembre dernier, et l'Agence mondiale antidopage, qui a décidé en novembre de demeurer à Montréal.

« Montréal va bien, a toujours un très bon positionnement, et comme le premier ministre le rappelait, [dans le secteur de] l'intelligence artificielle à Montréal, on est une des plaques tournantes et on va continuer à travailler là-dessus », a assuré la mairesse.

Espoirs dans la Ville Reine

Toronto est finalement la seule ville canadienne qui figure au nombre des 20 finalistes sélectionnés parmi 238 candidatures.

« Ce n'est évidemment pas la réponse qu'on espérait. Nous avions une très bonne candidature, mais la concurrence était féroce », a déploré Julie Brunet, porte-parole de Montréal International.

Pour cette première étape du processus de sélection, Amazon ne s'est basé que sur les dossiers envoyés par les villes candidates.

Dans sa proposition de plus de 150 pages, Montréal International vantait notamment la main-d'oeuvre qualifiée de la métropole dans le secteur des technologies de l'information, les vastes emplacements disponibles pour répondre aux besoins du géant américain, les infrastructures de transport en commun ainsi que les nombreux crédits d'impôt et incitatifs fiscaux proposés par le gouvernement québécois.

Le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc, s'était rendu en personne à Seattle en octobre dernier afin de déposer en mains propres le dossier de candidature de la région métropolitaine.

Outre Toronto et Montréal, huit autres villes canadiennes avaient posé leur candidature : Vancouver, Calgary, Edmonton, Winnipeg, Ottawa, Halifax, Hamilton et Sault-Sainte-Marie.

Un projet énorme

Amazon a chiffré son projet de second siège social à 5 milliards de dollars américains, faisant miroiter la création de 50 000 emplois dans la ville choisie.

La compagnie doit annoncer la ville gagnante plus tard cette année.

Parmi ses critères de sélection : une région de plus d’un million d'habitants disposant d’une main-d’oeuvre spécialisée et d’un emplacement assez grand pour un siège social d'une superficie allant jusqu’à 740 000 mètres carrés, et ce, à moins de 45 minutes d’un aéroport international.

« Par le biais de ce processus, nous en avons appris beaucoup sur plusieurs nouvelles communautés en Amérique du Nord, que nous garderons en tête pour de futurs investissements en infrastructures et de la création d'emplois », a indiqué la porte-parole d'Amazon, Holly Sullivan.

Toronto dit mettre de l'avant la qualité de sa main-d'oeuvre et son cosmopolitisme, plutôt que des subventions, pour séduire le géant américain.

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