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Crise à Laval : le maire limoge le VP de son comité exécutif

Confronté à une fronde sans précédent de son caucus, le maire de Laval, Marc Demers, a montré la porte au vice-président de son comité exécutif, David De Cotis. Les deux hommes font pourtant partie de la même formation politique, le Mouvement lavallois.

La crise a éclaté mardi soir au conseil municipal, lorsque neuf conseillers du Mouvement lavallois ont voté contre le maire Demers au sujet de la composition du comité de vérification.

En prenant la tête du mouvement de contestation, David De Cotis a brisé le lien de confiance de haut niveau qui l'unissait au maire, a expliqué l'entourage de celui-ci. Il a donc été destitué comme vice-président du comité exécutif et comme maire suppléant.

C'est pourtant David De Cotis qui a fondé le Mouvement lavallois, à la fin des années 2000. Il a dirigé le parti jusqu'en 2013, cédant les rênes à Marc Demers quelques mois avant l'élection qui l'a porté au pouvoir.

M. Demers a été réélu facilement en novembre dernier. Son parti a également remporté 19 des 21 postes de conseillers.

Mais six mois plus tard, le maire Demers ne fait plus l'unanimité au sein du Mouvement lavallois. Il a, par exemple, remporté de justesse un vote de confiance, la semaine dernière, obtenant l'appui de seulement 57 % des membres.

L'opposition se frotte les mains

Interviewé à l'émission Le 15-18 sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, le chef du Parti Laval, qui forme l'opposition officielle, a salué le courage des dissidents.

« Ce qui me surprend, c'est que ça ait duré aussi longtemps et que ça ait pris autant de temps avant que les gens réagissent », a affirmé Michel Trottier, qui a siégé comme conseiller indépendant de 2013 à 2017. « C'était un régime où tu ne pouvais pas t'exprimer, où tu suivais le vote du maire, et les gens avaient très, très peu de latitude », se rappelle-t-il.

Le Parti Laval ne dispose que d'un seul siège à l'Hôtel de Ville, celui du conseiller Claude Larochelle. L'autre élu d'opposition est issu d'Action Laval, la formation de l'ex-député Jean-Claude Gobé.

Mais pour Michel Trottier, l'équipe du maire Demers est maintenant en position de minorité au conseil municipal. « Et un conseil minoritaire, ça oblige tous les groupes à se parler et à travailler ensemble pour en arriver à des consensus », a-t-il souligné.

Le chef du Parti Laval reconnaît toutefois que l'opposition est fragmentée depuis plusieurs années à Laval. « On ne peut pas être quatre partis d'opposition si on veut un jour accéder au pouvoir », a-t-il admis. « Donc il faudra avoir des discussions et ne faire qu'un – et ça, moi, c'est ma position – pour arriver à déloger le parti du maire en 2021. »

Le conseil municipal doit se réunir mercredi matin dès 8 h.

Le maire Demers, qui refuse pour l'instant de s'adresser aux médias, souhaiterait que le vote d'hier soit annulé et que ses conseillers rentrent dans les rangs. Il a demandé un avis juridique sur le sujet.

Avec la collaboration de Jacques Bissonnet

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