Retour

Cultiver des champignons grâce aux déchets de cuisine en plein coeur de Montréal

À Montréal, deux jeunes femmes ont décidé de se lancer dans la culture de champignons en serre, dans l'arrondissement d'Hochelaga-Maisonneuve. Pour les faire pousser, elles utilisent des déchets de cuisine récupérés chez certains restaurateurs des environs. Portrait d'une entreprise qui exploite le concept d'économie circulaire.

Un texte d'Olivier Bachand

De l'extérieur, l'entrepôt de la rue Moreau qui abrite l'entreprise Blanc de gris est plutôt banal.

C'est en ouvrant la porte que l'on découvre des installations plutôt inusitées : six serres dans lesquelles poussent des pleurotes.

Ce rêve un peu fou, devenu réalité il y a un an et demi, c'est celui de Dominique Lynch-Gauthier.

La jeune femme d'une trentaine d'années se met à rire quand on lui demande si elle avait envisagé une carrière dans la culture des champignons. « Jamais! Non, jamais de la vie je n'aurais imaginé ça... Mais je suis contente, je suis heureuse, je ne regrette pas! »

Les pleurotes de Blanc de gris poussent dans seaux troués en plusieurs endroits sur les côtés et empilés les uns sur les autres.

Des champignons sont à divers stades de croissance dans quelque 1200 récipients, ce qui permet d'en récolter environ 200 kilogrammes par semaine.

Température, humidité, tout doit être réglé au quart de tour pour obtenir un produit de qualité.

« Moi, je trouve ça beau, gris, un peu acier, un peu bleuté, la marge, quand elle est intacte... Souvent, c'est ça qui va se casser facilement, et puis les lamelles bien blanches aussi », explique Dominique, tout en montrant un pleurote fraîchement cueilli.

Elle a entraîné dans l'aventure son amie Lysiane Roy-Maheu, qui s'occupe davantage du volet ventes et marketing de l'entreprise.

Cette dernière a été attirée par l'aspect environnemental du projet. « C'est vraiment le fait d'aller dans le concept d'économie circulaire, donc de reprendre des résidus qui sont voués à l'enfouissement pour en faire de la nourriture », explique-t-elle.

L'économie circulaire

Blanc de gris applique le concept d'économie circulaire en fabriquant le substrat utilisé pour faire pousser les champignons à partir de déchets de cuisine.

L'entreprise s'approvisionne en marc de café dans plusieurs restaurants et récolte aussi des drêches de brasserie, c'est-à-dire des résidus produits par la fermentation des céréales, auprès d'un bar du secteur.

Par exemple, quand Lysiane va livrer des champignons au restaurant Au Petit Extra, dans Ville-Marie, elle ne repart pas les mains vides.

« Ils gardent le marc de café et quand je viens livrer les champignons, je repars avec le marc de café. C'est un bel échange... Moi, ça sert à faire pousser mes champignons par la suite. »

Quant au kilogramme de pleurotes livré, il va finir dans les assiettes des clients. Le chef du restaurant, Julien Laporte, a été conquis par le produit.

« On a goûté ses champignons, qu'on a trouvés quand même exceptionnels. Ça n’a rien à voir avec le pleurote qu'on peut acheter en épicerie. C'est un champignon qui est plus croquant, qui a un goût de noisette », dit-il.

L'entreprise, qui fournit actuellement des pleurotes à une trentaine de restaurateurs, espère faire grimper sa clientèle.

Elle est aussi en train de mettre au point de nouveaux produits, comme des champignons marinés, pour les particuliers.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine