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Dakota Access : Greenpeace poursuivie pour « écoterrorisme »

L'entreprise Energy Transfer Partners (ETP) a intenté mardi une poursuite contre Greenpeace et d'autres groupes environnements, les accusants d'avoir lancé une campagne d'« écoterrorisme » visant à bloquer l'oléoduc Dakota Access, dont la construction fait l'objet de plusieurs mois d'opposition de la part de groupes autochtones et environnementaux.

L'exploitant de l'oléoduc affirme que Greenpeace, Earth First et d'autres organisations ont participé à des « actes de terrorisme » pour solliciter des dons et contrevenir aux activités de construction du pipeline, nuisant ainsi à « des relations d'affaires et financières essentielles ».

Au dire d'ETP, les actions de ces groupes et leurs publicités négatives contre l'entreprise, la compagnie soeur Energy Transfer Equity et d'autres compagnies ont provoqué des dégâts de l'ordre de plusieurs milliards de dollars.

De son côté, l'avocat de la branche américaine de Greenpeace, Tom Wettere, a déclaré que cette poursuite, intentée aux États-Unis, était « un abus du système judiciaire pour réduire au silence des démarches légitimes de militantisme ».

En mai, l'oléoduc Dakota Access, bâti au coût de 4,8 milliards de dollars, a commencé ses livraisons interétatiques de brut, mais un juge d'une cour d'appel fédérale américaine a ordonné en juin aux ingénieurs de l'armée de réviser son évaluation environnementale du pipeline, ouvrant la voie à une possible future suspension des activités.

Dans un document de 231 pages, ETP accuse Greenpeace et des groupes tels que Bank Track et la Bold Alliance de « fabrication de spectacle médiatique » en lien avec l'opposition au projet Dakota Access.

L'entreprise soutient que des environnementalistes ont contacté la nation sioux de Standing Rock, l'un des éléments les plus visibles du combat contre le pipeline, et l'ont utilisée pour lutter contre le projet.

Toujours au dire d'ETP, les groupes ont « cyniquement dépêché des éco-terroristes radicaux et violents au sein des protestataires, et ont directement financement leurs activités, en plus de demander publiquement à leurs partisans de faire de même ».

ETP est représentée par le bureau d'avocats Kasovitz Benson Torres et Friedman, dont le partenaire fondateur Marc Kasowitz est l'avocat du président américain Donald Trump.

Chez Greenpeace, on souligne qu'il s'agit de la deuxième occasion où la firme de M. Kasowitz s'en prend au groupe.

L'an dernier, le cabinet a représenté les Produits forestiers Résolu dans le cadre d'une poursuite pour diffamation intentée par l'entreprise contre Greenpeace.

M. Wetterer avance que « cette plainte réutilise des allégations et des revendications judiciaires loufoques ».

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