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Dans les traces de futurs athlètes paralympiques

Le Canada fait le plein de médailles chaque jour aux Jeux paralympiques de Pyeongchang et a déjà égalé sa récolte de médailles de Sotchi (16). Pour comprendre comment ces athlètes se rendent jusqu'aux podiums et comment le sport leur a permis de surmonter leur handicap, je suis allé à la découverte de futurs athlètes paralympiques.

Un texte de Robert Frosi

C'est dans un vieux hangar à l'ombre du complexe sportif de l’arrondissement Saint-Laurent que s'entraînent deux futurs champions en athlétisme en fauteuil roulant, Lee Leclerc et Sarah White.

Au milieu d'un fatras de buts de soccer et d’autres équipements sportifs remisés pour l'hiver, ils s’entraînent sur leur fauteuil solidement attaché à un rouleau. Une sorte de fauteuil stationnaire.

Même si on est loin d'un environnement idéal pour l'entraînement d'athlètes de haut niveau, la confiance et la volonté de réussir, elles, sont intactes.

L'objectif pour Lee et Sarah, ce sont les Jeux olympiques d'été de Tokyo, en 2020. C'est pour cela qu'ils font abstraction des décors un peu repoussants.

Ils enchaînent les séries de 400 m sous le regard attentif de leur entraîneur Daniel Normandin, un ancien athlète paralympique qui a participé aux Jeux d'Athènes et qui, en plus de les entraîner, fabrique des prothèses au Centre de réadaptation Gingras-Lindsay.

Lee Leclerc est atteint de paralysie cérébrale depuis sa naissance. Le sport a été pour lui un incroyable moteur pour surmonter son handicap.

« J'ai toujours fait du sport. Même si tu as des limites, il y a toujours quelque chose pour toi quelque part, explique-t-il. Il ne faut pas que tu sois gêné, il faut que tu poses des questions au monde autour de toi. Il y aura toujours quelqu'un pour te guider. Il y a de la luge, de la course en fauteuil, du basket… »

Entre deux séances de 400 m, Lee Leclerc m'explique que les fauteuils de compétition peuvent coûter jusqu'à 25 000$. Même si le sien n'est pas de cette qualité, il pousse tout de même sa machine à plus de 35 km/h.

« Il faut pousser au max si tu veux espérer un jour faire partie du top 8, dit-il. En ce moment, je regarde les Jeux paralympiques et c'est tellement inspirant et motivant. Pas seulement pour moi qui veux aller aux Jeux, mais pour tous ceux qui vivent avec un handicap et qui vont comprendre les bienfaits du sport pour se surpasser dans la vie quotidienne. »

Inspirée par Chantal Petitclerc et Diane Roy

Sagement installée à côté de Lee, Sarah White se prépare pour sa séance de 400 m sous le regard vigilant de l'entraîneur Daniel Normandin. Sarah est née avec un neuroblastome, un cancer qui s'attaque au système nerveux.

Elle aussi doit développer les muscles du haut de son corps pour faire avancer son fauteuil. Après avoir reçu son diagnostic à l’âge de sept mois, Sarah a rapidement découvert les bienfaits du sport pour son développement personnel.

Et puis à 13 ans, elle va découvrir le Défi sportif et ses deux championnes de l'époque, Chantal Petitclerc et Diane Roy. C'est le coup de foudre pour l'athlétisme en fauteuil roulant.

Sarah s'entraîne six jours par semaine et son palmarès national et international commence à s'épaissir. Elle est triple médaillée d'or aux Jeux du Canada en 2010. En 2011, aux Jeux parapanaméricains à Guadalajara, l'athlète de 16 ans va remporter la médaille d'argent au 100 m.

« Pour moi, le sport est devenu un mode de vie, dit-elle. De regarder ces championnes a été le déclic dans ma carrière sportive. Et c'est pour cela que je travaille fort pour me rendre à mon tour aux Jeux paralympiques, ceux de Tokyo dans deux ans. »

C'est dans le fauteuil dans lequel Chantal Peticlerc a coursé aux Championnats du monde de 2006 que Sarah va faire ses débuts en compétition. Elle roulera ensuite avec le fauteuil de Diane Roy, devenue sa mentore après leur première rencontre.

« Bien sûr que cela te donne des ailes de rouler avec les fauteuils de ces deux grandes championnes, explique-t-elle. Le but ultime pour moi, c'est de montrer qu'on peut bouger, être un modèle. Je connais beaucoup de gens qui ont eu un handicap sur le tard, pas comme moi à la naissance, et j'ai vu combien le sport pouvait leur apporter et les sortir de leur isolement. »

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