Centrale dans la culture autochtone, apportant force et joie dans les rassemblements et les célébrations, la danse a longtemps été considérée comme « diabolique » par le clergé, qui obligeait ceux qui la pratiquaient à se cacher, rappelle Catherine Joncas, cofondatrice de la compagnie Ondinnok.

Un texte d'Anouk Lebel

« Les danses, les pow-wow étaient interdits. Dans les débuts de la colonisation, ils ont brûlé les tambours, brisé les hochets », explique-t-elle.

Si les danses autochtones se pratiquaient malgré tout, le corps n'était pas libre, croit-elle. Mais aujourd'hui « le couvercle saute ».

Avec Corps entravé, corps dansant, Catherine Joncas veut rendre hommage à ces multiples manifestations actuelles, qu'elles soient communautaires ou professionnelles, issues des pow-wow, de la gigue ou de la danse contemporaine.

Pendant trois jours, cercles de discussions, ateliers et performances leur seront consacrées.

La colonisation s'est accompagnée de son lot de pertes, souligne-t-elle. C'est pourquoi l'un des ateliers aborde la place de la mémoire ancestrale dans les danses autochtones contemporaines.

« Comment rapatrier tout ça, faire revivre tout ça? Chacun dans son petit coin le cherche. Ces gens-là, à un moment donné, vont se rejoindre. »

L'une des performances proposées est celle de la danseuse et chorégraphe mohawk Barbara Kaneratonni Diabo, dont la création est axée notamment sur ses relations avec la Terre mère.

La démarche artistique de la danseuse fera d'ailleurs l'objet d'un panel avec la chorégraphe et danseuse contemporaine Margie Gillis, ainsi que Mme Joncas.

L'événement se tient jusqu'à vendredi à l'Espace Wilder, à Montréal.

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