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De la Guinée à Montréal, le rêve des jeunes acrobates du cirque Kalabanté

« Si tu peux parler, tu peux chanter, si tu peux marcher, tu peux danser. » C'est la devise de Kalabanté, cette troupe de cirque africaine qui présente vendredi à l'Olympia de Montréal son spectacle, à l'occasion du 26e Mois de l'histoire des Noirs.

Un texte de Catherine François

Et pour chanter et danser, les artistes de Kalabanté chantent et dansent comme pas un, en plus d’être des acrobates avertis.

Ces acrobates sont formés dans une école de cirque installée près de Conakry, en Guinée, d’où proviennent la majorité des membres de la troupe.

Son fondateur, Yamoussa Bangoura, un musicien, danseur et acrobate, vit au Québec depuis plusieurs années. « On a une école de cirque en Guinée, on essaie de former les jeunes là-bas, et ensuite de leur donner leur opportunité de travailler avec nous ici à Montréal, et aussi de travailler avec d'autres grands cirques comme le Cirque du Soleil ou le Cirque Éloize », explique celui qui est le directeur artistique de la troupe.

Le jeune Guinéen veille aux destinées de cette école et de ses élèves, en particulier lorsqu’ils viennent s’installer ici. Quand il a fondé Kalabanté à Montréal en 2007, il voulait créer un pont entre la Guinée et le Québec. Depuis, la troupe a déjà créé plusieurs spectacles, en partenariat avec le festival Vues d’Afrique.

L’Afrique en cirque

Le spectacle L’Afrique en cirque combine la danse et la musique africaine avec les arts du cirque.

Quand on regarde le cirque d'ici, c'est du cirque contemporain. Nous ce qu'on veut faire, c'est d'amener l'Afrique dans le cirque, c'est comme un mix qu'on veut faire, j'essaie de ramener ce côté de danse, de tradition africaine et combiner ça avec l'art du cirque.

Yamoussa Bangoura

Et les artistes de Kalabanté sont pluridisciplinaires : « On fait la musique, la danse, les acrobaties, les équilibres, on fait le mélange de tout, c'est comme ça qu'on l'a appris », déclare Ali Keïta, l’un des artistes de la troupe.

Ali Keïta apprécie tout ce qu’il vit depuis son installation à Montréal : « Je trouve la vie bien ici, c'est un endroit que j'adore, j'aime bien comment sont les gens ici, leur mentalité, même s'il y a des différences entre l'Afrique et ici sur le plan de la culture, je trouve que les gens sont très accueillants. Je veux partager ma culture ici et à travers le monde. »

« Enfant fonceur avec un courage exceptionnel »

La troupe doit partir en tournée au cours des prochains mois avec ce nouveau spectacle qui sera présenté dans plusieurs grandes villes canadiennes (Ottawa, Toronto, Edmonton, Vancouver et Victoria). Mais Yamoussa Bangoura voit plus grand encore : « L'idée de la compagnie, c'est de parcourir le monde avec les traditions de la Guinée et l'Afrique, représenter l'Afrique à l'international. »

Le Guinéen souhaite obtenir un jour suffisamment de ressources financières pour produire 150 spectacles de Kalabanté par année et poursuivre le développement de l’école en Guinée et de la troupe à Montréal.

En langue soussou, Kalabanté signifie « enfant fonceur avec un courage exceptionnel ». C'est à l'image de Yamoussa Bangoura et de sa troupe : ils dégagent une énergie contagieuse et font preuve d’une belle générosité. « C’est ça l’Afrique, conclut Yamoussa : donner de l'énergie aux gens, partager, pas juste être un artiste et faire son show et partir, mais partager avec le public. »

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