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De la musique pour apprivoiser des enfants autistes

Ce n'est souvent pas facile de faire sortir les enfants autistes de leur bulle et de leur routine. Pourtant un atelier de musique à Sainte-Julie, en Montérégie, y arrive en quelques notes. Le succès de ces ateliers est tel qu'on va multiplier les classes dès l'automne prochain.

Un texte de Michel Marsolais

Si le projet entame sa deuxième session, il reste encore expérimental avec une douzaine de participants. Mais déjà, les éducateurs sont surpris du succès auprès des enfants.

« Pour moi, la musique c'est une clé, c'est un passe-partout pour entrer en contact avec eux-autres, dans leur monde. Puis, ça les éveille. Automatiquement, ils veulent toucher les instruments, ils veulent faire de la musique », raconte l'éducateur L. Sébastien Roy, qui a collaboré à la conception de l'atelier.

Les sons produits par les enfants ne sont pas toujours très harmonieux. Mais, les retombées des ateliers vont bien au-delà de la musique, explique l'initiatrice du projet, Christine Simard, elle-même mère d'un fils autiste.

« Mon fils apprend le rythme, il commence à le développer. Ça l'aide beaucoup à socialiser parce que c'est un nouveau groupe, ce sont de nouveaux enfants, de nouveaux éducateurs. Ça le sort de son quotidien. Pour moi, les 10 semaines qu'on a fait du premier projet-pilote en janvier ça lui a amené cette ouverture-là sur la musique », dit-elle.

Stéphanie Paquette a de son côté de la difficulté à amener sa fille Juliette aux ateliers de musique - la fillette préférerait rester à la maison. Mais elle juge que l'effort en vaut la chandelle,

« L'idée aussi, c'est de la sortir de sa zone de confort. On a une routine qui est très très stable. Je veux qu'elle puisse vivre de nouvelles choses et apprivoiser de nouvelles choses », explique-t-elle.

Exercices de socialisation

L'éducatrice Annie Bastien insiste aussi pour dire que les ateliers musicaux combinent des exercices de socialisation qui ne sont habituellement pas évidents pour des jeunes atteints d'autisme.

« Ce sont des ateliers de musique, mais on va faire d'autres exercices pour avoir le plus possible leur concentration durant une heure. Les autistes souvent, on dit c'est qu'ils n'aiment pas ça se faire toucher. Avec l'exercice des balles, par exemple, ils vont se faire un massage, ils vont aller masser un autre ami. Donc, ils vont rentrer par le jeu dans une interaction sociale », dit-elle.

Les ateliers se sont fait connaître surtout par le bouche-à-oreille, mais la demande maintenant suffisante pour créer d'autres classes dès l'automne. « On va offrir le samedi à quatre groupes. Deux groupes en avant-midi, deux groupes en après-midi et la même chose dimanche. À ce moment-là, on va pouvoir recevoir beaucoup plus d'enfants », annonce Marc Ethier, directeur général de Zükari, le centre de jeux où se déroulent les ateliers.

Pour L. Sébastien Roy, l'aspect ludique des ateliers reste essentiel. « Tout le monde sort gagnant sans s'en rendre compte. Encore une fois, si c'est comme du travail, ils n'auront pas de plaisir et ça ne marchera pas. Si ça ne paraît pas, il y a quelque chose qui se passe. Et c'est magique! », estime-t-il.

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