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De la réinsertion sociale grâce aux abeilles à l'Accueil Bonneau

Des ruches servent maintenant d'outil de réinsertion sociale à l'Accueil Bonneau, un organisme de Montréal qui vient en aide aux personnes en situation d'itinérance.

Un texte de Dominic Brassard

L'Accueil Bonneau dispose d'une soixantaine de ruches, dont quatre sur son toit, alors que les autres se trouvent sur les toitures de certaines épiceries de la région de Montréal.

Sept personnes qui ont vécu dans la rue s'occupent des abeilles et récupèrent le miel, en échange d'un petit salaire.

C'est l'entreprise Alvéole, spécialisée dans l'apiculture urbaine, qui guide et conseille ces nouveaux apiculteurs.

Le cofondateur d'Alvéole, Alexandre McLean, se dit impressionné par le professionnalisme des « gars », comme on les appelle à l'Accueil Bonneau.

Source de motivation

Parmi les personnes qui prennent soin des abeilles de l'Accueil Bonneau, il y a Pierre Paquette. Cet homme s'est retrouvé dans la rue après avoir connu des problèmes de consommation d'alcool. Il s'en est sorti grâce à l'organisme, mais aussi, d'une certaine manière, grâce aux abeilles, qui sont pour lui une source de motivation.

« Ce n'est pas le même gars que tu as en avant de toi aujourd'hui! affirme Pierre Paquette. J'ai embarqué dans ce projet à fond la caisse! Ça me permet de continuer mon abstinence. Moi, je fais ma part pour l'environnement présentement parce que j'entretiens des populations d'abeilles. Pour moi, c'est très valorisant. »

Pierre Paquette souhaite maintenant devenir un apiculteur professionnel. Il dit avoir développé une véritable passion pour ces insectes pollinisateurs.

Réinsertion sociale

À l'Accueil Bonneau, le directeur général, Aubin Boudreau, souligne de façon imagée l'apport des abeilles au processus de réinsertion sociale des itinérants : « Chaque abeille a un rôle à jouer au sein de la ruche, de la colonie. Et puis je fais des liens avec l'itinérance parce que, souvent, nos gars se plaignent qu'ils n'ont plus de rôle à jouer socialement. [Ce projet], ça apporte un sens à leur vie. »

C'est aussi l'opinion de l'intervenante sociale Isabelle Couillard, qui supervise « les gars » : « Ils parlent avec affection des abeilles. Ils ont l'impression de contribuer à quelque chose de tellement plus grand. »

Près de 5000 pots du miel de l'Accueil Bonneau seront mis en vente cette semaine dans des épiceries Metro, commanditaire du projet. Les profits seront entièrement versés à l'organisme.

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