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Déclin du commerce de détail à Montréal : des experts tenteront de trouver des solutions

Un groupe d'experts piloté par Guy Cormier, du Mouvement Desjardins, tentera de trouver des solutions au déclin du commerce de détail à Montréal.

Un texte de Jérome Labbé

La mairesse Valérie Plante a présenté mardi midi la liste des membres d'un nouveau comité consultatif qui sera chargé d'aider la Ville à revoir son « Plan commerce ».

Des experts de trois universités, des représentants d'associations et des propriétaires de commerces bien établis – par exemple Lozeau sur la Plaza St-Hubert – vont donc se réunir à quelques reprises pour réfléchir aux moyens de donner un nouveau souffle aux artères commerciales.

Ils auront pour mandat de soumettre des pistes d’action autour de quatre grands thèmes :

  • Offrir une réponse performante aux problèmes posés par les chantiers;
  • Soutenir la création et le développement des entreprises commerciales;
  • Soutenir la transformation numérique des commerces;
  • Assurer et pérenniser la dynamisation des artères commerciales.

Le comité s'est déjà rencontré le 20 mars dernier. La lourdeur de l’appareil administratif de la Ville de Montréal (permis, zones de tarification, réglementation, etc.) a été l'un des principaux enjeux soulevés par les membres, a révélé Guy Cormier en point de presse.

« Il y a certains cas qui nous ont été soumis, où on se dit : "il me semble que le gros bon sens ne s'est pas appliqué dans ce cas-là". Alors on va essayer de dénouer quelques éléments, donner des munitions à la mairesse », a-t-il expliqué.

Des taxes trop élevées?

La question de l'impôt foncier sera également étudiée, Montréal étant la ville canadienne qui compte le plus sur la taxation non résidentielle pour équilibrer son budget, selon une étude du groupe Altus menée récemment.

En moyenne l'an dernier, pour chaque 1000 $ d'évaluation foncière, les villes canadiennes imposaient 23,95 $ de taxes. À Vancouver, c'était 12,44 $, à Toronto, 25,20 $, mais à Montréal, les commerçants payaient 37,23 $ par 1000 $ d'évaluation.

« La taxation au centre-ville [de Montréal] est rendue à un niveau anormalement élevé pour le non résidentiel et il faut que la Ville donne un coup de barre », estime Yves Godin, vice-président du groupe Altus. « Un local sur Sainte-Catherine de 10 000 pieds carrés va coûter 557 000 $ juste en taxes... Et on ne parle pas encore du loyer! »

La hausse moyenne de 3 % des taxes non résidentielles prévue dans le premier budget de l'administration Plante-Dorais a aussi été mal accueillie par le milieu des affaires.

Mais la taxation ne sera pas le seul élément à considérer, rappelle Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal, pour qui la dynamisation des artères commerciales est une priorité.

« On peut avoir de superbes artères commerciales, mais ce n'est que des coquilles vides si on ne les anime pas », croit-il.

Le nouveau comité consultatif prévoit déposer son rapport au mois de juin.

La Ville devrait auparavant présenter son plan de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest, qui donnera un aperçu de sa future stratégie commerciale.

Le « Plan commerce » est « un plan d’orientation, de gestion de la fonction commerciale, de valorisation et de stimulation du développement du commerce montréalais incluant le commerce de proximité », selon le site web de la Ville de Montréal. Il est doté d'un budget annuel de 40,5 millions de dollars.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine, Jean-Sébastien Cloutier et Julie Marceau

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