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Défense d'Accurso : des contrats remportés dans les règles de l'art

Le grand patron de l'empire Accurso n'intervenait jamais dans les soumissions à des contrats de construction, tout comme l'ancien maire de Mascouche. C'est ce que des témoins de la défense soutiennent au procès pour abus de confiance de l'entrepreneur Tony Accurso, au palais de justice de Joliette.

Un texte de Geneviève Garon

Encore une fois jeudi, les 12 jurés au procès de Tony Accurso ont eu droit à de longs témoignages techniques très détaillés qui impliquent des transactions et des contrats qui s’élèvent à des millions de dollars.

L’entrepreneur de 66 ans est accusé d’avoir offert des pots-de-vin au défunt maire de Mascouche, Richard Marcotte, entre 2006 et 2008 afin d’obtenir des contrats.

Or, les soumissions au nom des entreprises Simard-Beaudry et Louisbourg Construction ont été faites dans les règles de l’art, a affirmé un ancien employé de l’accusé, Luc Bialowas. À son avis, jamais Richard Marcotte n’est intervenu. Jamais Tony Accurso ne s’est impliqué dans les appels d’offres.

« M. Accurso n’était pas dans l’équipe des soumissions », a soutenu le témoin, qui a assemblé les dossiers qui ont remporté les appels d’offres pour des travaux majeurs à la Régie d’assainissement des eaux Terrebonne-Mascouche et à la Régie d’aqueduc intermunicipale des Moulins, à partir de 2008.

M. Bialowas assure que les travaux de plusieurs dizaines de millions de dollars étaient incontournables. L’usine de filtration était « désuète », alors que celle qui traitait les eaux usées « faisait un peu peur [et] avait tendance à déborder ». Le budget des travaux a été respecté, a spécifié le témoin.

À la tête d’un vaste empire

L’avocat interne de l’empire Accurso a détaillé les nombreuses transactions et acquisitions de son patron au cours des dernières années. Seulement pour l’année 2008, Me Guillaume Rochon a expliqué qu’il y avait eu pas moins de neuf acquisitions en plus d’une restructuration interne.

Le témoin assure n’avoir jamais vu Tony Accurso remplir la moindre soumission, puisqu’il était très occupé à gérer les questions de financement et de relations avec les banques et les compagnies d’assurance, notamment.

Mercredi, l’avocat de Tony Accurso, Marc Labelle, a expliqué aux jurés que les « petits » contrats de la Ville de Mascouche ne représentaient pas une proportion significative du chiffre d’affaires de ses compagnies.

Guillaume Rochon a également expliqué que la veuve de Richard Marcotte, Shirley Wilkinson, a signé une reconnaissance de dette en 2017, pour un prêt de 25 000 $ octroyé par Tony Accurso. Le prêt était sans intérêt à condition qu’il soit remboursé dans les 30 jours suivant la vente d’un immeuble à Saint-Alexis, ce qui a été fait le 22 mars dernier.

Des cadeaux entre amis

L’homme d’affaires nie avoir offert des pots-de-vin à Richard Marcotte. Il soutient qu’ils étaient amis depuis les années 1980 et que c’est strictement pour cette raison qu’il l’a invité à trois reprises sur son luxueux bateau dans les îles Vierges américaines, le Touch.

Tony Accurso reconnaît avoir signé un chèque de 300 000 $ en 2008, mais assure que c’est à la demande de son ami Richard Marcotte qu’il a accepté de lui faire un prêt pour un investissement immobilier.

L’accusé témoignera pour expliquer sa version des faits, après que son fils et sa gouvernante auront été appelés à la barre.

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