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Déglaçage : la Ville de Montréal admet que des ajustements seront nécessaires

Bien que la Ville de Montréal soit « excellente au niveau du déneigement », ses façons de faire en matière de déglaçage devront être revues, concède le responsable des Services aux citoyens au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau.

En entrevue à RDI Matin, celui qui est aussi maire de l'arrondissement de Verdun a cité des études d'Hydro-Québec qui démontrent que les changements climatiques entraîneront une hausse marquée des épisodes de pluie verglaçante dans l'avenir.

« On doit s'ajuster, a-t-il reconnu. À la Ville de Montréal, on est excellent au niveau du déneigement; on ramasse, ça va bien, mais quand on arrive à la gestion [...] des gels et des dégels, ça devient plus compliqué. »

« On doit [revoir] nos façons de faire [et] je vais m'attaquer personnellement à trouver des solutions au niveau de la logistique », a-t-il promis. « On a des ajustements à faire. »

Le maire de Verdun, qui siège comme indépendant au conseil municipal depuis qu'il a rejoint l'administration Plante, a annoncé samedi soir qu'une opération de chargement de la neige serait lancée dimanche soir. Il a expliqué que le redoux avait été moins important que prévu et que l’accumulation de neige pressentie lundi n'était plus au rendez-vous.

Il s'est excusé sur les réseaux sociaux. « A posteriori, nous aurions pu décréter [le chargement] avant. Ce fut un mauvais choix de ma part et je m'en excuse », pouvait-on lire sur sa page Facebook.

Les critiques de l'opposition n'ont pas tardé, son ancienne formation politique l'accusant d'avoir compromis la sécurité des citoyens.

« On sait à quel point il y a un impact lorsqu’il y a du verglas. La décision a été d’attendre jusqu’au redoux pour des considérations budgétaires. Pour nous, c’est une évidence que les considérations de sécurité doivent toujours primer sur les considérations budgétaires », a insisté le chef par intérim d'Ensemble Montréal, Lionel Perez. « On espère qu’ils vont apprendre pour la prochaine fois, qu’il ne faut jamais mettre la sécurité de la population à risque. »

M. Parenteau a répondu que « ça n’a jamais été une question de budget, parce qu’on savait qu’on allait dégager [les rues]. »

L'opération, qui vise à ramasser les bancs de neige et de glace de la métropole, était bien entamée lundi, le site Info Neige Montréal indiquant en soirée que 34 % du déneigement était effectué. Le taux varie toutefois énormément d'un arrondissement à l'autre : alors qu'il était de 100 % dans Anjou, il n'était que de 16 % dans Saint-Laurent.

Jean-François Parenteau a rappelé à RDI Matin que les opérations de chargement et de déglaçage étaient des opérations distinctes. Il a aussi assuré que les équipes chargées d'épandre du sel et du gravier sur les trottoirs étaient à pied d'oeuvre, lundi, pour s'assurer de la sécurité des piétons.

Urgences-santé affirme de son côté avoir répondu à une quarantaine d'appels pour des chutes au sol dans la seule journée de dimanche.

« Ma fille de sept ans est tombée deux fois », nous écrit Samir Hamouche, ajoutant que sa femme, enceinte, « ne peut même pas se déplacer ». « Cinq jours à attendre et aucun ramassage, alors qu'on paie des impôts pour que ce genre de choses n'arrive pas », s'indigne-t-il.

Adopté la semaine dernière, le budget 2018 de la Ville de Montréal prévoit des dépenses de déneigement de 163,3 millions de dollars, dont 1,5 million de crédits additionnels pour l'épandage d'abrasifs sur les trottoirs.

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