Retour

Demandeurs d’asile : l’armée canadienne à la rescousse

Une centaine de soldats de l'Armée canadienne ont été déployés mercredi au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle pour installer un campement temporaire capable d'abriter quelque 500 demandeurs d'asile. Ils n'assureront toutefois aucun rôle en matière de sécurité.

C'est l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), débordée par l'affluence continue à la frontière canado-américaine, qui a demandé au gouvernement de déployer ces soldats, en provenance de Valcartier, de Saint-Jean-sur-Richelieu ou de Montréal.

« Le camp va nécessiter environ une journée de travail pour ériger une centaine de tentes, qui vont héberger 500 personnes environ. Ensuite, on y ajoutera un service d’éclairage, du chauffage et un plancher temporaire », a expliqué le major Yves Desbiens.

Il reviendra ensuite à l'ASFC d'installer les lits et les appareils sanitaires nécessaires dans les tentes. Les militaires retourneront pour leur part à leur base d’appartenance, sauf quelques-uns qui resteront sur place pour assurer l'entretien de l’équipement.

Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l’immigration, pense que le déploiement de l'armée au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle n'est pas la décision la plus efficace à prendre.

Il estime que « plutôt que d’ériger des tentes présentement sur le terrain de la douane, pourquoi ne pas envoyer ces gens-là sur la base militaire de Saint-Jean-sur-Richelieu [où] les installations sont plus propices à ça, peuvent en accueillir plusieurs centaines. On pourrait, nous, décréter le pouvoir d’agir sur le territoire de l’armée, je pense que ce sera plus sécuritaire ».

Préoccupations pour la santé

Selon le directeur de l'ASFC pour la région de Québec, Patrick Lefort, pas moins de 700 demandeurs d'asile attendent présentement que leur dossier soit traité au poste frontalier, où ne se trouvent que des bancs et des chaises, mais aucun lit. Certains doivent attendre deux ou trois jours avant d'être transférés vers un centre d'hébergement temporaire à Montréal.

Des problèmes d'insalubrité commencent à apparaître, d'autant plus que les locaux gouvernementaux actuellement utilisés pour accueillir tous ces gens ne comprennent que deux salles de bain.

Notre journaliste Louis de Belleval rapporte que de 12 à 20 cas de gastroentérite ont été signalés au poste frontalier, dont 3 ont nécessité une hospitalisation. De plus, des femmes enceintes, parmi les demandeurs d'asile, éprouveraient des difficultés.

Selon Immigration Canada, environ 200 demandeurs d'asile sont interceptés chaque jour dans la région de Saint-Bernard-de-Lacolle depuis environ deux semaines, ce qui est quatre fois plus qu'auparavant.

Selon le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, responsable du Programme d'accueil et d'intégration des nouveaux arrivants, 2620 personnes sont actuellement hébergées dans des installations temporaires dans la métropole, dont plusieurs centaines au stade olympique.

L'organisme assure néanmoins que « la situation est sous contrôle » et qu'il y a encore de l'espace dans les emplacements qu'elle utilise. Près de 300 places supplémentaires ont été ouvertes mercredi à l'hôpital Royal Victoria, et 300 autres l'avaient été dimanche dans l'édifice des Sœurs de la Providence.

Originaires d’Haïti pour la plupart, les demandeurs d’asile sont des victimes du séisme qui a ravagé leur pays en 2010. Temporairement établis aux États-Unis, ils craignent que l’administration Trump ne mette à exécution sa menace de leur retirer le statut qui leur permet de vivre et de travailler légalement sur le sol américain.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine