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Demandeurs d’asile : le PQ demande des mesures, la ministre se fait rassurante

Les dossiers des demandeurs d'asile qui affluent au Québec doivent être traités plus rapidement, affirme la députée péquiste Carole Poirier, qui demande la mise en place d'une « équipe spéciale » conjointe par les ministères provincial et fédéral de l'Immigration et Emploi-Québec.

En ce moment, « on est capable de délivrer des chèques de dernier recours aux personnes, alors expliquez-moi pourquoi on n’est pas capable de délivrer un permis de travail et un certificat d’acceptation du Québec au même moment », a déclaré la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration lors d’un point de presse mardi après-midi.

Depuis une quinzaine de jours, un nombre sans cesse croissant d’immigrants - pour la plupart originaires d’Haïti - traversent la frontière, en provenance des États-Unis. Cet afflux force les autorités à déployer des mesures d’accueil exceptionnelles, notamment l’hébergement de plus de 875 personnes au stade olympique de Montréal.

La députée Poirier, qui représente la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve, où se trouve le stade, estime que le gouvernement devrait « délivrer un permis de travail pour une durée déterminée », soit le délai que représente l’étude de leur demande de statut de réfugié.

« Les personnes que j’ai vues aujourd’hui sont des personnes tout à fait capables de se trouver un travail », affirme Mme Poirier, qui a visité les demandeurs d’asile au stade en matinée. « Il faut leur en donner les moyens », et ce n’est pas seulement « en leur donnant un chèque de dernier recours », dit-elle.

Pendant le traitement de leur demande, les demandeurs d’asile peuvent en effet bénéficier d’un chèque mensuel de 600 $, une aide que la députée juge insuffisante si elle n’est pas doublée de mesures d’accompagnement pour la recherche de logement et d’emploi. « Je vous mets au défi de trouver un logement avec une famille de trois enfants à Montréal avec un chèque de 600 $ », dit-elle.

Carole Poirier demande donc au gouvernement de mettre en place ces mesures d’accompagnement dès que possible.

Le fédéral devrait également faire venir des fonctionnaires d’autres provinces afin d’épauler leurs collègues québécois débordés, selon elle.

Kathleen Weil rassurante

Le gouvernement provincial, par l'intermédiaire de la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, soutient pour sa part que les centres d’hébergement temporaire tels que le stade olympique devraient se désengorger sous peu.

Selon les dernières données rendues publiques, plus de 2500 demandeurs d'asile sont actuellement hébergés temporairement à Montréal.

La ministre explique que les autorités fédérales travailleront désormais à les rediriger vers la province où ils comptent s’établir en fin de compte, et ce n’est pas le Québec pour tout le monde, dit-elle. Certains souhaitent se rendre en Ontario, puisqu’ils y ont de la famille, illustre-t-elle.

La ministre Weil dit qu’elle a déjà demandé à Ottawa l’accélération du traitement des dossiers, et que plusieurs organismes viennent en aide aux demandeurs d’asile en ce qui a trait à la recherche de logement.

Ceux qui passeront à travers le processus leur permettant d’obtenir un statut de réfugié officiel pourront chercher et obtenir un emploi à ce moment, ajoute Mme Weil.

Pédagogie

Par ailleurs, en entrevue à Radio-Canada, la ministre a reconnu qu'un effort de pédagogie sera nécessaire. « Les gens, ils ont besoin de savoir que le gouvernement est bien capable de gérer, et ça, on le constate », admet-elle.

Elle a ajouté cependant ne pas avoir constaté de méfiance particulière sur le terrain à l'égard de ces nouveaux demandeurs d'asile.

Québec convient qu'il faut mieux informer la population sur l'arrivée à la frontière de nombreux migrants. « Il y a une méconnaissance de qui fait quoi. Il va falloir expliquer davantage le rôle de chacun pour que les gens sachent que la situation est sous contrôle », a confié une source gouvernementale bien au fait du dossier, qui s'étonne des critiques entendues dans les médias

« Oui il y a un afflux important, oui ça met de la pression, mais la situation est sous contrôle. [...] La collaboration avec le gouvernement fédéral est bonne, les sites d'hébergement sont opérationnels, il n'y a pas de problèmes de logistique particuliers », a ajouté la même source.

Une attente de plus en plus longue à la frontière

Pendant ce temps, plus de 450 personnes, en moyenne, traversent quotidiennement la frontière illégalement, affirme Jean-Pierre Fortin, président national du syndicat des douanes et de l’immigration.

« Le problème, c’est qu’on est capable d’en envoyer seulement 225 par jour à Montréal », ajoute M. Fortin, selon qui la durée d’attente des demandeurs d’asile excède 48 heures au poste de Lacolle en ce moment.

Plus de 900 déjeuners ont été servis mardi matin, affirme-t-il, estimant que les installations ne sont pas du tout adéquates pour accueillir autant de gens.

Avec les informations d'Hugo Lavallée

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