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Demandeurs d'asile : « On n’est pas en crise », dit la directrice de la Maison d’Haïti

C'est vrai qu'il y a un pic de demandeurs d'asile, mais « en chiffres absolus jusqu'à présent, ce n'est pas encore la crise », a déclaré Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d'Haïti, lors d'un point de presse jeudi après-midi.

Apparaissant avec les conseillers municipaux montréalais du district de Saint-Michel et de l'arrondissement Rivière-des-Prairies, qui comptent d'importantes communautés d’origine haïtienne, Mme Villefranche a tenu à rassurer la population en précisant que son organisme travaille en étroite collaboration avec la Ville de Montréal.

Plus tôt, le maire Denis Coderre avait assuré que les autorités étaient en mesure de répondre au flux de demandeurs d'asile qui arrivent dans la métropole depuis plusieurs jours.

À l'heure actuelle, près de 1600 personnes sont hébergées de façon temporaire dans une dizaine d'endroits à Montréal, notamment au stade olympique.

Ces demandeurs d'asile proviennent des États-Unis. Une grande partie d'entre eux sont d'origine haïtienne, mais certains sont nés au Yémen, au Tchad ou en Syrie.

Le maire Coderre assure que les mesures sont adéquates pour leur fournir une aide d'urgence, en attendant que leur dossier soit traité.

« En termes de santé publique, en termes de réception, ça fonctionne à merveille. Évidemment, c'est une situation temporaire parce que, par la suite, il faudra leur trouver du logement et tout ça », a mentionné le maire de Montréal.

Le gouvernement du Québec estime qu'environ 150 personnes ont franchi quotidiennement la frontière du 1er au 19 juillet.

Ottawa interpellé

De son côté, le conseiller municipal de Saint-Michel, Frantz Benjamin, s’est directement adressé au gouvernement canadien « pour qu’il prenne ses responsabilités » à l'égard des demandeurs d’asile.

Après le tremblement de terre qui a frappé Haïti en 2010, les Haïtiens qui ont demandé l'asile aux États-Unis ont en effet obtenu un statut de protection temporaire qui leur permet d'y vivre et d'y travailler légalement. Or, le nouveau président américain, Donald Trump, a menacé en mai dernier de leur retirer ce statut en janvier 2018.

M. Benjamin a également évoqué « une campagne d’information de concert avec les autorités canadiennes et québécoises à l’échelle de la diaspora haïtienne » sur la question de l’immigration au Canada « pour que les gens ne soient pas la proie d’abuseurs », a-t-il ajouté.

Comprendre et expliquer la situation

En entrevue à l’émission 24/60, Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d’Haïti, explique que ces demandeurs d’asile, majoritairement des Haïtiens, qui sont déjà sous un statut temporaire depuis des années, craignent qu’on les renvoie dans leur pays.

Pour Mme Villefranche, le profil de ces demandeurs d’asile est différent de celui que l’on a connu avant. Ce sont généralement « de jeunes familles avec de jeunes enfants ». « Ce sont des personnes qui sont arrivées probablement avec leur famille aux États-Unis, tout de suite après le tremblement de terre. Ce sont des personnes qui ont moins d’attache aussi avec le pays d’origine ».

Beaucoup de choses se disent aussi sur les réseaux sociaux concernant les conditions d’accueil au Canada, leur faisant croire qu’il suffit de franchir la frontière pour y être admis, poursuit la directrice générale de la Maison d’Haïti.

Marjorie Villefranche rappelle que « le Canada va appliquer les règles pour tout le monde » et la permission de rester au pays relèvera du commissaire à l’immigration. Le résultat peut être positif ou négatif, mais beaucoup d’entre eux ne connaissent pas cette partie de l’histoire.

La directrice de la Maison d’Haïti rappelle également qu’au moment où le Canada accueille ces demandeurs d’asile, les autorités procèdent aussi à l’expulsion de personnes d’origine haïtienne, « qui avaient demandé asile à l’époque, tout de suite après le tremblement de terre » et dont la demande n’a pas été retenue.

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