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Denis Coderre fait ses adieux aux Montréalais et offre son aide à Valérie Plante

Trois jours après avoir été congédié par les électeurs, le maire Denis Coderre offre son aide à Valérie Plante, qui lui succédera la semaine prochaine à l'Hôtel de Ville de Montréal. « Au bout de la ligne, ce qui est important, c'est Montréal », a-t-il déclaré mercredi matin lors de son dernier point de presse comme premier magistrat de la métropole.

Un texte de Jérôme Labbé

Visiblement ému, M. Coderre a d'abord tenu à remercier celles et ceux qui ont travaillé avec lui au cours des dernières années. « Déjà, de m'endurer, c'était quelque chose », a-t-il laissé tomber.

Ensuite, le maire sortant a énuméré ses principales réalisations des quatre dernières années, évoquant par exemple les relations de travail apaisées avec les syndicats, la réconciliation avec les Autochtones et la création de l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM). Il s'est aussi félicité d'avoir contribué à « réinventer » la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui est devenue, selon lui, un « contrepoids » important face à Québec et Ottawa.

« Moi, ce que je veux qu'on retienne, c'est que Montréal est une ville exceptionnelle et qu'on y aura contribué. Vous savez, Montréal avait un problème d'estime de soi, un problème de dignité... On l'avait magané [sic] notre Montréal! Et puis il y avait beaucoup de cynisme. On parlait de corruption, je disais à la blague que j'ai battu un record, quatre ans de suite sans enquête, prison ou démission... On a quand même ramené cette stabilité », a-t-il statué. « Maintenant, la population va juger par la suite. »

Concédant que la défaite n'était pas toujours facile à vivre, M. Coderre a proposé son aide – « au besoin », a-t-il précisé – à celle qui le remplacera la semaine prochaine.

« Évidemment que j'offre tout mon appui à la nouvelle mairesse, Mme Plante, que j'appellerai Valérie, parce qu'on se connaît », a déclaré le maire sortant, qui s'est parfois fait reprocher ses familiarités pendant la campagne électorale.

« Je n'ai aucun regret »

Appelé à expliquer les raisons de sa défaite, Denis Coderre n'a pas voulu trop s'avancer, laissant le soin aux analystes de tirer leurs propres conclusions. « Le peuple a toujours raison », s'est-il contenté de répondre, ajoutant plus tard en anglais qu'il n'avait « aucun regret ».

Le maire sortant n'a pas donné d'indice sur ses projets d'avenir, se limitant à dire qu'il n'avait pas encore reçu d'offres d'emploi. Il a toutefois écarté l'idée de se joindre à un média, comme l'ont fait plusieurs ex-politiciens avant lui.

Se prépare-t-il à faire le saut à Québec ou à retourner à Ottawa? « Non », a répondu, catégorique, celui qui a passé les trois dernières décennies en politique active.

M. Coderre prévoit prendre des vacances une fois son mandat terminé, la semaine prochaine. « Je vais retrouver ma famille, que j'ai négligée », a-t-il indiqué, précisant qu'il comptait « se retrouver », « se refaire une santé », « se reprendre en main » , « lire beaucoup » et « aller au cinéma ».

« Ce sera la première fois que je vais partir en vacances sans que mon téléphone sonne », s'est-il réjoui.

Concernant l'avenir de sa formation politique, Équipe Coderre pour Montréal, il n'a pas voulu se prononcer sur celui ou celle qui devrait le remplacer. « Je ne jouerai pas à la belle-mère », a-t-il promis.

De passage à l'hôtel de ville mercredi, la conseillère de Parc-Extension, Mary Deros, a tenu à saluer le travail de son ancien chef.

« Souvent, il a dit : "Regardez Montréal, comment on était il y a quatre ans"... Aujourd'hui, Montréal est très avancée. Alors on a la confiance, on a la fierté », a-t-elle soutenu.

« La beauté de sa personnalité, c'est qu'il n'avait peur de rien, a ajouté son collègue Aref Salem, réélu dans le district électoral de Norman-McLaren. Il allait jusqu'au bout pour aller chercher le meilleur pour Montréal. Et il a réussi, à mon avis [...] J'espère que le futur va le reconnaître comme un maire qui a travaillé extrêmement fort pour ramener cette fierté à Montréal. »

« Je crois que, somme toute, les Montréalais et les Montréalaises sont les grands gagnants, a résumé pour sa part Harout Chitilian, candidat défait à la mairie de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Parce qu'on a maintenant des paramètres positifs avec lesquels l'administration actuelle va pouvoir travailler pour développer cette ville et pour l'amener dans l'avenir. »

Dernière réunion du comité exécutif

Bien qu’il ait été battu par Mme Plante, M. Coderre continuera de diriger la métropole jusqu’à l'assermentation des nouveaux élus, le jeudi 16 novembre, au marché Bonsecours. Il a d'ailleurs participé plus tôt mercredi matin à sa dernière réunion du comité exécutif.

Ce comité exécutif était aussi le dernier à être présidé par Pierre Desrochers, qui a annoncé avant les élections qu'il ne briguerait pas un second mandat.

Il s'est dit peiné pour les membres de l'Équipe Coderre qui n'ont pas été élus dimanche.

Responsable de l'habitation, de l'urbanisme, de la gestion et de la planification immobilière et de l'Office de consultation publique de Montréal, l'ex-député libéral Russell Copeman, qui a été battu à la mairie de l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, s'est également montré fort déçu du résultat de dimanche.

« C'est la première fois depuis à peu près 30 ans que je suis sans emploi. Je n'ai jamais été congédié de ma vie, alors c'est le premier congédiement que je vis, a-t-il expliqué. J'ai travaillé mon curriculum vitae hier... On va voir. On va prendre un peu de temps pour voir ce que l'avenir nous réserve. »

Après quatre ans à la tête de la métropole, Denis Coderre a récolté 45,63 % des suffrages contre 51,36 % pour la cheffe de Projet Montréal lors du scrutin de dimanche.

Il est ainsi devenu le premier maire sortant de Montréal à être battu après un seul mandat depuis Sarto Fournier, en 1960.

L'Équipe Denis Coderre pour Montréal a été renvoyée dans l’opposition à l’hôtel de ville avec 25 conseillers, contre 34 pour Projet Montréal.

Le parti dirigé par Valérie Plante a également remporté les mairies de 11 des 19 arrondissements de Montréal, contre 6 pour l’Équipe Coderre.

Dans un discours prononcé dimanche soir, M. Coderre a assuré qu’il portait « l’entière responsabilité » de la défaite, tout en assurant qu’il partait « la tête haute ».

Il a annoncé qu’il quittait « la vie politique municipale », alimentant du coup des spéculations sur ce qu’il pourrait faire par la suite.

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