TORONTO – Le rideau s'apprête à tomber sur cette saison misérable du Canadien de Montréal. Il n'y aura pas d'applaudissements pour la grande finale, seulement des questions. De nombreuses questions.

Un texte d’Alexandre Gascon

Cette pièce de théâtre qu’on nous annonçait prometteuse en septembre a tourné au vinaigre il y a bien longtemps.

D’ici au grand bilan annuel lundi prochain, il reste une 82e et dernière occasion au Tricolore de laisser une bonne impression à ses partisans avant de partir en vacances samedi soir après le duel contre les Maple Leafs.

« C’est business as usual », a martelé Claude Julien, dans la langue de Shakespeare.

« Tant qu’on n’a pas fini, je veux avoir la tête au travail. Les vacances commencent dimanche. En attendant, je vais continuer à jouer pour pousser les joueurs, leur démontrer qu’il reste un autre match à jouer », a-t-il ajouté.

D’où l’idée de tenir un entraînement rythmé tandis que le rival torontois, qualifié pour les séries éliminatoires depuis belle lurette, a profité d’un repos vendredi, en dépit de sa défaite de la veille contre les Devils.

Comme il s’agit des Maple Leafs, on peut penser que le pilote du CH n’aura pas à dégainer le fouet pour motiver les troupes.

Le Canadien cherchera d’abord à éviter le balayage. Il n’a pas battu les Leafs cette saison et a été blanchi lors des deux derniers affrontements.

« On doit trouver une manière de gagner contre cette équipe. Bien sûr, ils sont bons. Mais pour aller de l’avant, les matchs de divisions, tu dois bien jouer. Contre Toronto, nous n’avons pas eu de bons résultats ici dernièrement », a estimé Brendan Gallagher.

Le rang des Leafs au classement est déjà coulé dans le béton; ils termineront 3es dans l’Est.

Cela dit, un plateau intéressant est à la portée de la bande à Mike Babcock.

Aussi étrange que ça puisse paraître, jamais en 101 ans d’histoire Toronto n’a réussi à accumuler plus de 103 points au cours d’une saison, un exploit réalisé par l’édition 2003-2004 sous la férule de feu Pat Quinn.

L’équipe en a obtenu le même nombre après 81 rencontres. Le record de l’organisation pourrait suffire à insuffler un peu d’ardeur à des joueurs qui, autrement, pourraient trouver insipide la visite des Montréalais en cette petite fin de semaine grise.

Ces Leafs ont d’ailleurs déjà rehaussé la marque de l’organisation pour le plus grand nombre de victoires en une saison, soit 48. Le précédent record était de 45.

Le CH, lui, tentera d’éviter l’opprobre d’égaler un record de médiocrité en subissant un 40e revers en temps réglementaire. Ça lui est arrivé lors des saisons 2000-2001 et 1983-1984.

Évaluation et apprentissage

Julien le réitère presque chaque jour : l’organisation profite de cette période sans enjeu pour évaluer ses effectifs et établir son plan de match en vue de la saison morte et de la prochaine campagne.

En raison de blessures, d’échanges, et de performances décevantes, le Canadien a utilisé beaucoup de personnel en 2017-2018, dont sept recrues.

Certains joueurs apprennent à composer avec de nouvelles responsabilités, d’autres apprivoisent la position de centre, d’autres encore ont un leadership accru et, du groupe, le défenseur Noah Juulsen, gagne tranquillement le respect de ses pairs.

« La confiance était un enjeu cette saison. J’ai été blessé au début, j’ai retrouvé mon jeu à Laval, puis j’ai été rappelé par le Canadien. Tout ça a été positif pour moi. Il reste un match et je veux finir ça en beauté », a dit l’arrière de 20 ans.

Et quel enseignement va tirer Drouin de ce long calvaire?

« On a besoin d’un peu plus d’attaque. Des fois, on est conservateurs. On est capable de jouer avec n’importe qui quand on patine et qu’on ne donne pas d’espace. Des fois, on les respecte un peu trop on dirait. On doit défier l’autre équipe, pas seulement attendre qu’ils se rendent [à nous]. »

Carr anime l’entraînement

Quand l'événement le plus palpitant d'un entraînement du Canadien au mois d'avril est une vitre qui vole en éclats, vous savez qu'il est temps que la saison prenne fin.

Le CH y est allé de sa dernière séance complète à Etobicoke, en banlieue de Toronto, vendredi.

Daniel Carr répétait ses gammes devant le filet en décochant tir après tir sur Carey Price, acceptant des passes de l'entraîneur adjoint Jean-Jacques Daigneault, quand son tir des poignets a percuté directement la baie vitrée dans le coin de la patinoire.

Daigneault et Kirk Muller ont joué les concierges, tandis que journalistes et caméras se sont précipités pour immortaliser le moment.

Il y a donc eu déménagement forcé sur une autre patinoire du Centre MasterCard, complexe d'entraînement des Leafs, et les joueurs du Canadien ont profité d'un petit bain de foule.

Charles Hudon, lui, a été victime de l'autre péripétie quotidienne. Atteint au visage par une rondelle déviée, le Québécois, malchanceux depuis quelques semaines, a quitté la patinoire pour ne jamais y remettre les pieds.

David Schlemko, pour sa part, a bénéficié d'une journée de traitements.

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