Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) abandonne les accusations contre un homme qui aurait commis un vol violent il y a près de 23 ans à Montréal. Fait particulier, depuis 4 ans, les autorités québécoises n'auraient entrepris aucune démarche pour aller le cueillir, alors que son adresse en Ontario était bien connue.

Un texte de Geneviève Garon

En mai 1994, à Montréal, Giusseppe De Vico et un complice se seraient présentés au domicile d'un revendeur de billets. Après l'avoir aspergé avec un vaporisateur au visage, ils l'auraient menotté, lui auraient attaché les pieds et bandé les yeux.

Pendant que l'un des suspects braquait une arme sur la victime, l'autre aurait fouillé l'appartement jusqu'à ce qu'il mette la main sur 10 000 $. Les deux comparses auraient ensuite quitté les lieux.

Deux longs séjours en Italie

À la suite de son arrestation, Giusseppe De Vico a fait face à plusieurs chefs d'accusation, dont vol et séquestration. Mais, en juillet 1994, un mandat a été émis contre lui parce qu'il a quitté le Canada pour aller « prendre soin de son père en Italie », selon la requête en arrêt des procédures déposée par l'accusé.

Neuf ans plus tard, à son retour au Canada, il s'est à présenté devant la justice et il a obtenu le droit d'attendre son procès en liberté.

Il en a toutefois profité pour s'envoler à nouveau vers l'Italie, cette fois, pour « prendre soin de sa mère malade » selon les documents judiciaires. Un autre mandat d'arrestation a été émis contre lui.

Ce n'est que 9 ans plus tard, en juillet 2013, que Giusseppe De Vico est finalement revenu habiter au Canada, à Hamilton en Ontario.

Écarté par les autorités québécoises?

Depuis ce temps, il n'a jamais été inquiété par les autorités québécoises, qui connaissaient pourtant son adresse et ses allées et venues.

En juillet 2013, il est retenu à la douane américaine pendant 45 minutes. Les autorités québécoises auraient été avisées, mais elles ne sont pas allées le chercher.

Puis, à au moins quatre reprises, M. De Vico aurait eu affaire avec les policiers de la ville d'Hamilton. Chaque fois, son identité a été contrôlée, mais jamais les autorités québécoises n'auraient manifesté l'intention d'aller l'arrêter.

À présent, désireux de clore son dossier devant la Cour du Québec, Giusseppe De Vico reconnaît être responsable d'un délai de 19 ans, en raison de son absence du pays.

Par contre, il affirme que le système judiciaire est responsable des quatre dernières années de retard dans son dossier et il plaide l'arrêt Jordan de la Cour suprême qui fixe un délai maximal pour les procédures judiciaires à 18 ou 30 mois.

Plutôt que de laisser un juge trancher, le DPCP a choisi de retirer les accusations qui pesaient contre lui et Giusseppe De Vico, 50 ans, a pu retourner chez lui, libre.

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