BILLET - Près de 20 000 amateurs dans les gradins, une soirée magnifique et un adversaire qui doit confier son attaque à une très verte recrue. La table était mise pour un peu d'espoir et un rapprochement entre les Alouettes et leurs partisans.

Les Moineaux ont été déplumés comme rarement au cours de leur histoire de près de 75 ans.

Depuis la raclée subie par les Alouettes vendredi aux mains des Blue Bombers de Winnipeg (56-10), la réaction prédominante chez les partisans a été de dire que rien n’a changé.

C’est à peu près la pire chose qui pouvait arriver aux Oiseaux.

On se disait qu’avec tout le nouveau personnel, tant sur le terrain que sur les lignes de côté, le début de saison serait difficile, mais que l’important était de voir une certaine progression.

Cinq cent quatre-vingt-huit verges d’attaque nette pour les Bombers, 129 verges pour les Alouettes. Trente-six premiers essais pour Winnipeg, dix premiers essais pour Montréal.

Allo, la progression…

L’attaque, quelle attaque?

Les plus gros investissements de Kavis Reed cet hiver ont servi à rebâtir la défense. On savait donc que l’attaque constituait encore le point faible de l’équipe.

Mais à ce point?

Tout commence par la ligne à l’attaque. Que ce soit Tom Brady ou Drew Willy, un quart a besoin de protection pour lancer le ballon.

En deux matchs, les Alouettes ont déjà accordé huit sacs officiels. Ça ne compte pas les fois où le jeu a été annulé par une pénalité ou encore quand Willy s’est fait cogner en lançant sa passe.

L’an dernier, les Oiseaux ont cru bon se tourner vers deux bloqueurs américains pour améliorer leur ligne offensive.

Visiblement, les bons joueurs de ligne à l’attaque semblent aussi difficiles à trouver au sud qu’au nord de la frontière.

Pendant ce temps, Luc Brodeur-Jourdain a été mis sur la voie d’évitement, mais on le garde autour de l’équipe comme police d’assurance ou par respect pour sa belle carrière.

Si la ligne ne tient pas, le jeu de passes ne peut pas fonctionner.

Peut-on alors se tourner vers la course?

Difficile à savoir, car Tyrell Sutton n’a porté le ballon que deux fois au cours de la première demie : une première course d’une verge et une deuxième de 44 verges.

Et, quand l’équipe perd par plus de 25 points à la mi-temps, ça a l’air qu’il faut laisser la course de côté, car il ne reste plus assez de temps pour combler l’écart.

Une défense débordée

Les Alouettes savaient que le jeune quart des Bombers, Chris Streveler, pouvait courir. Ses statistiques à l’université et son premier match ne laissaient aucun doute là-dessus.

Mais, il était probablement plus habile et plus rapide que la vidéo le montrait, car il a déculotté la défense montréalaise avec 98 verges au sol, sans même jouer le match au complet.

Ses courses et celles d’Andrew Harris ont tenu les Alouettes sur les talons. Streveler a ensuite pu découper la défense des Alouettes avec ses passes ( 22 en 28, 246 verges, 3 touchés, aucune interception).

Comme l’an dernier, l’unité défensive a donc passé la soirée sur le terrain ( 38 min 16 s).

Peut-être était-ce la fatigue, mais même le troisième quart des Bombers, Bryan Bennett, a trouvé le moyen de faire sa marque en dirigeant une poussée de 99 verges pour le dernier touché du match.

Bref, attaque, défense, unités spéciales, rien n’a fonctionné.

La théorie est que l’équipe doit progresser au fur et à mesure que la saison avance.

On se dit que ça ne peut pas être pire que vendredi. Mais, on se disait ça l’an dernier aussi!

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