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Des applaudissements dont Carey Price avait bien besoin

MONTRÉAL - Carey Price a pris une seconde pour ravaler la petite boule qui lui est montée dans la gorge. Il a regardé son interlocuteur dans les yeux et, franc, direct, lui a répondu avec sincérité.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le contraste était frappant avec l’attitude affichée par la vedette tout au long de la saison.

Et quel calvaire d’ailleurs ces 80 matchs auront été. Pour la direction, pour les joueurs, pour l’entraîneur et surtout pour le gardien et pour les partisans. Pour la relation entre le gardien et les partisans, aussi.

Mardi soir, à l’occasion du dernier match du CH à Montréal cette année – il ira compléter sa tournée jeudi à Détroit et samedi à Toronto – Price avait besoin de réconfort. L’occasion s’est présentée au début de la première période, pendant une pause.

Pour souligner le 557e départ du gardien avec le CH, un de plus que Jacques Plante et un record de l’organisation, le Canadien avait préparé une petite vidéo des grands moments de la carrière de Price.

Debout, les amateurs ont ovationné leur gardien meurtri, blessé dans son orgueil par des performances tellement inégales depuis six mois.

Price a laissé coûler quelques larmes.

« C’était un moment très émouvant pour moi. Je ne m’attendais pas à ça. Cette vidéo et cette ovation étaient quelque chose dont j’avais vraiment besoin. Je suis vraiment reconnaissant et je l’apprécie », a-t-il confié.

À quoi pensait-il?

« Tous les moments difficiles qu’on a traversés cette année, de voir la foule debout, ça voulait dire beaucoup pour moi. »

« Personne n’apprécie perdre, a enchaîné le gardien. Ce n’était pas bien agréable cette année. Que les partisans démontrent leur soutien comme ça, c’est énorme. »

Une saison rocambolesque

Price a amorcé l’année avec une victoire à Buffalo et a ensuite enchaîné cinq défaites.

À Anaheim, en Californie, au cours d’une soirée où il a accordé six buts, il a fracassé son bâton de rage sur un de ses poteaux.

Deux semaines plus tard, il s’est blessé pendant l’échauffement à St. Paul, mais a décidé d’affronter le Wild malgré tout. On ne le reverra que le 25 novembre contre les Sabres, où il amorcera sa seule séquence heureuse de l’année, cinq victoires de suite.

Plus tard, Price a raconté qu’il souffrait de fatigue chronique, qu’il avait changé son alimentation. Les choses ne se sont pas améliorées sur la glace et, pendant que son équipe périclitait soir après soir, les plus folles rumeurs circulaient sur le gardien.

Sa relation avec les partisans et, surtout, avec les médias, était plus tendue que jamais.

Il a coiffé le tout avec une commotion cérébrale subie le 20 février à Philadelphie pour ensuite effectuer un autre retour perdant à la compétition, à Pittsburgh, un mois plus tard.

Cette ovation avait toutes les apparences d’un cataplasme généreusement appliqué sur des plaies encore bien ouvertes.

Une organisation bénie

Jacques Plante, Patrick Roy, Ken Dryden. Le longue, riche et, à une certaine époque, glorieuse histoire du Canadien regorge de gardiens qui ont transcendé leur sport. Le public les a toujours adorés, voire adulés. Si ce n’était déjà fait, il faut ajouter le nom de Carey Price à cette liste d'athlète triés sur le volet.

Price surpasse désormais ces légendes dans au moins une catégorie : aucun gardien n'a obtenu plus de départ dans la LNH avec le chandail du Tricolore sur le dos.

557 matchs. Un de plus que Plante.

Il pointe également au 3e rang pour les victoires, avec seulement 3 de moins que Roy et 28 de moins que Plante. Price est 4e pour les jeux blancs.

« J’ai eu des flashs des grands moments de ma carrière, et espérons que je pourrai m’en fabriquer beaucoup d’autres », a raconté le gardien.

C’est pour cette raison, a-t-il renchéri, qu’il a signé un lucratif contrat de 84 millions $ sur 8 ans qui débutera l’année prochaine.

« Évidemment, c’est difficile quand ça ne va pas bien, mais il n’y a pas de meilleure place quand les choses vont bien. [Ce soir], c’était juste un aperçu de ça. »

Price défraie la chronique plus souvent qu’à son tour à Montréal. Il a tantôt paru hautain, tantôt détaché, nonchalant, arrogant même. Son histoire d’amour avec les partisans a été sinueuse, à tout le moins; souvenez-vous du débat Halak-Price (désolé).

Ce moment de vulnérabilité du gardien avait tous les accents d’un profond désir de réconciliation.

Ah oui, les Jets ont gagné 5-4 en prolongation.

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