Retour

Des centaines de lobbyistes tentent d'influencer la Ville de Montréal

Décidément, la procédure d'enregistrement des invités rétablie par l'administration de Valérie Plante à l'hôtel de ville pourrait tenir les gardiens occupés. Selon le Registre des lobbyistes du Québec, la Ville de Montréal est dans la ligne de mire de 135 lobbyistes-conseils et 353 lobbyistes d'entreprise ou d'organisation, un nombre qui peut varier selon les inscriptions, mais qui a considérablement augmenté depuis quelques années.

Un texte de Benoît Chapdelaine

Peu connus du grand public, les lobbyistes jouent un rôle important dans les décisions des gouvernements et des municipalités. Ils sont autorisés par la loi à contacter des élus et des fonctionnaires pour de petits comme de grands projets.

Des lobbyistes représentent par exemple l'entreprise Carbonleo pour le projet Royalmount, à l'angle des autoroutes 15 et 40, un projet estimé à plus d'un milliard de dollars. D'autres représentent Croisières AML, qui veut établir un service de navette fluviale entre Montréal et la Rive-Sud.

Toutes les inscriptions et chacun des mandats sont publics.

Dans la couronne de Montréal, plus de 200 lobbyistes ont des mandats auprès de la Ville de Laval, soit légèrement plus qu'à Longueuil. Une centaine sont également présents à Terrebonne. Au printemps 2013, il y avait 3600 lobbyistes actifs au Québec. Il y en a maintenant plus de 12 000.

Plus de transparence

Les promoteurs étaient également présents auprès des élus et fonctionnaires auparavant, mais leurs activités étaient moins transparentes.

« On a constaté une hausse significative [des inscriptions] au niveau municipal entre 2011 et 2013, dit le commissaire au lobbyisme, Jean-François Routhier. Cela peut s'expliquer d'abord par une meilleure conscientisation des titulaires de charge publique municipaux à la suite de l'adoption, en 2010, de dispositions législatives qui obligeaient les municipalités à se doter d'une politique de gestion contractuelle. »

Plusieurs anciens élus travaillent maintenant comme lobbyistes, comme les ex-maires de Côte-Saint-Luc, Robert Libman, et de Verdun, Georges Bossé. L'ex-conseiller d'arrondissement de Ville-Marie de 2005 à 2009 Karim Boulos constate, depuis qu'il est devenu lobbyiste, l'impact de la commission Charbonneau sur les élus et les fonctionnaires, particulièrement en ce qui a trait à la crainte des conflits d'intérêts.

« Les gens savent qu'il n'y a pas de conflit, dit-il, mais ils ont peur qu'il y ait une apparence de conflit, donc ils prennent toutes les mesures possibles pour se protéger et protéger la Ville. Dans ce sens-là, je trouve que c'est un peu exagéré, mais mieux vaut exagéré et sécuritaire que de ne pas faire assez attention. »

La Ville de Montréal a été durement éprouvée par des affaires de corruption et de collusion au cours des dernières années.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité