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Des centres de désintoxication doivent refuser la clientèle moins nantie

De nombreux centres de désintoxication du Québec doivent maintenant refuser la clientèle pauvre qui utilisait leurs services avant la réforme de l'aide sociale du gouvernement Couillard. Résultat : seuls les toxicomanes et les alcooliques qui ont les moyens de payer leurs frais de séjour et leur thérapie peuvent maintenant y séjourner. Radio-Canada est allée au centre Dianova à Terrebonne.

Un reportage de René Saint-Louis

Franck Forcier se compte chanceux. Il a réussi, dans la même journée, à passer du centre de désintoxication de Mélaric, qui a subitement fermé ses portes dans les Laurentides, à celui de Dianova dans Lanaudière. Mais sa chance, il la doit à quelqu'un.

« J'avais mon père qui m'a avancé les fonds, qui m'a donné les fonds pour me rendre ici chez Dianova parce que j'avais un montant de 170 $ à verser immédiatement. Mais, comme je suis sur l'aide sociale, je n'avais pas ce montant-là », dit-il.

Le directeur de Dianova, Bruno Ferrari, raconte ce qui s'est passé le jour de la fermeture du centre Mélaric.

« Il y a six personnes qui ont vraiment présenté une demande de traitement à Dianova. Et il y a une personne seulement qui est venue jusqu'à Dianova parce qu'ici, on continue à demander une contribution aux frais de séjour pour les usagers. Donc, évidemment, il y a un certain nombre de personnes qui n'ont pas de ressources suffisantes pour pouvoir venir ici », explique M. Ferrari.

Bruno Ferrari précise que c'est la clientèle pauvre qui n'a plus de liens sociaux qui est la plus vulnérable.

« Les personnes qui sont bénéficiaires de l'aide sociale qui sont chez nous sont sans doute des personnes qui ont encore de l'aide de leur famille, d'un proche, d'un cousin, de leur conjoint ou quelqu'un en tous cas qui est prêt à payer le 360 $ par mois qu'on exige comme contribution », dit-il.

Depuis la réforme de l'aide sociale du gouvernement, Couillard, les toxicomanes et les alcooliques en centre d'hébergement ne reçoivent plus que 200 $ par mois.

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