« Respectez vos promesses, priorisez les familles », tonne le président de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), Louis Sénéral, à l'intention de Philippe Couillard. « On ne veut pas se rappeler de vous comme étant le premier ministre qui aura été le plus hostile aux familles depuis 20 ans. »

Le président de l'AQCPE accuse le premier ministre libéral d'avoir renié deux de ses promesses en imposant des compressions budgétaires de 120 millions de dollars dans le réseau au cours de l'année 2016. M. Sénécal souligne que M. Couillard avait promis de ne pas hausser la tarification au-delà de l'indexation au coût de la vie en plus de mettre un terme aux compressions budgétaires une fois l'équilibre budgétaire atteint.

Or, M. Sénécal estime que ces deux promesses ont été brisées. L'AQCPE dénonce les nouvelles compressions imposées au réseau de garderies publiques et privées qui ont déjà dû essuyer des réductions budgétaires de 74 millions de dollars l'an dernier et de 50 millions l'année précédente.

« Depuis 2006, c'est près d'un demi-milliard de dollars qui ont été comprimés dans nos budgets des services de garde », précise-t-il en indiquant que les services de garde ont déjà fait leur part dans l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

Éducatrices, parents et enfants se sont d'ailleurs donné la main ce matin pour former des chaînes humaines devant plusieurs centres de la petite enfance (CPE) de la province dans le but de les protéger contre les compressions du gouvernement Couillard. Le plus gros établissement québécois, soit le centre Le Sablier qui compte 208 enfants sur le Plateau Mont-Royal, a notamment participé à l'événement.

La députée de Québec Solidaire Françoise David a participé à l'événement en compagnie de M. Sénécal au CPE Saint-Édouard, dans le quartier Villeray. « Ils ne sont pas capables de comprendre qu'après toutes les coupes que les CPE ont eues, il est impensable de couper encore 120 millions. Il ne sont pas capables de comprendre ça », a dénoncé Mme David.

Le député de Rosemont, le péquiste Jean-François Lisée, s'est pour sa part rendu appuyer le mouvement au CPE La Galijode, dans sa circonscription.

De leur côté, les parents dénoncent le manque de vision du gouvernement Couillard et son acharnement à réduire les budgets destinés aux enfants comme ceux des CPE et de l'éducation.

Un « dîner de cons », selon l'AQCPE

L'AQCPE refuse de participer aux négociations avec Québec sur le financement des CPE. « Ça dure depuis plusieurs années, c'est mai 2011 le début du premier chantier sur le financement », déplore M. Sénécal en précisant que le sous-ministre de la Famille leur fait perdre leur temps. « [Le] message clair du sous-ministre qui nous a dit « On est là pour parler seulement ». »

Forte de la signature de plus de 30 000 noms sur la pétition à l'intention du gouvernement et de l'appui des parents des enfants, l'AQCPE entend mener d'autres actions dans le but de faire reculer le gouvernement sur son intention de réduire le financement des CPE.

Le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGEE), qui représente environ le quart des quelque 900 organismes impliqués, a consenti à rencontrer le gouvernement afin de trouver de revoir le financement des CPE.

Le milieu des services de garde entend tenir un grand rassemblement le 7 février prochain à Montréal afin de faire reculer le gouvernement dans ce dossier. Des fermetures de CPE sont également envisagées pour la fin février et le début du mois de mars si le gouvernement maintient sa décision.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine